C’est dans la nuit du 26 au 27 janvier dernier que l’homme d’affaires a rendu l’âme au centre hospitalier de Samba, emporté par la Covid-19. Il y a quelques jours, il avait alerté ses proches sur les conditions de prise en charge médicale, notamment un suivi tardif sur son état de santé qui se dégradait au fil des heures. Cela avait ému l’opinion. Le comble, le directeur de cabinet du chef de l’État, qui intervenait au cours d’une rencontre publique, a balayé les accusations de l’homme d’affaires. La suite tout le monde la connait, dans la nuit qui a suivi, Omar Mhoussine rendait un dernier soupir.
La situation qui prévaut au centre de Samba mérite plus d’attention de la part des autorités. Dans sa dernière déclaration le chef de l’État a précisé que « la coordination de la lutte contre la Covid, d’abord placée au niveau du Ministère de l’Économie, puis transférée au niveau de la santé, sera désormais placée sous l’autorité directe de la Présidence de la République ».
On peut espérer que cette initiative aura plus d’impact dans la mobilisation des ressources tant humaines que matérielles. On rappellera aussi que tout le monde s’accorde à dire que malgré la bonne volonté de notre personnel soignant et travaillant dans des conditions souvent difficiles, il est plus que nécessaire de faire appel à un soutien extérieur en appui. La lutte contre la Covid-19 ne connait pas de répit quand on observe ce qui se passe un peu partout dans le monde. Il est donc important de ménager nos forces en combinant des expertises multiples et en donnant plus de poids aux scientifiques.
Ayant rappelé cela, revenons à la personnalité de l’illustre disparu. Depuis l’annonce de son décès, les témoignages élogieux sur son parcours ne manquent pas. Pour Dini Nassur « la force d’Omar résidait surtout dans la capacité de lancer des défis, d’anticiper le futur et d’entretenir un réseau social et entrepreneurial et ce courage impressionnant de surmonter les obstacles et de transformer les contraintes en atouts. Le départ prématuré d’Omar, c’est un coup de massue sur l’espoir, la volonté farouche et l’audace de ce que nous aimerions avoir pour l’exemplarité d’une génération qui sait oser ».
Pour sa part l’Ambassadeur Allaoui Said Abasse témoigne : « Omar, dans sa courte vie, pareille à une étoile filante, aura été un homme de famille, au sens large, et un homme public dans toute sa splendeur. Autodidacte comme il aimait le rappeler à chaque instant, il aura touché à tout pour tout ce qui a trait aux secteurs de développement ; tout en étant profondément un très bon père de famille qui, aujourd’hui, vient de perdre un pilier central. Au cours de sa courte vie, il aura été cet entrepreneur hors-pair, grand prestidigitateur de rêves, les rêves de bien-être auxquels aspire tout individu. Jamais en manque d’initiatives et d’idées, il allait tellement vite que beaucoup avaient du mal à cerner ses élans et ses perspectives en perpétuels révisions et recadrages ».
La disparition d’Omar Mhoussine marque un tournant dans la prise de conscience, d’une réalité que les uns et les autres cherchaient à minimiser les dangers au sein de l’opinion. Aujourd’hui, nous sommes à la croisée des chemins. L’heure n’est plus aux déclarations et aux petites phrases mais à l’efficacité des actions. Cet ennemi invisible de dimension planétaire n’épargne personne, et chaque perte humaine doit interpeler la société et encore plus ceux qui ont la lourde responsabilité de gouverner ce petit pays de 800 000 âmes.
Mmagaza
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