En marge de la Journée mondiale contre les violences faites aux femmes, Moroni a accueilli une marche pacifique réunissant associations, institutions et citoyens. Cette marche, dédiée aux femmes et aux enfants, a offert un temps de sensibilisation et de réflexion collective autour de la lutte contre les violences et du soutien aux victimes, rappelant que le recul de la violence reste un travail de long terme aux Comores.
Aux côtés de l’ONG Hifadhui et de l’UNFPA, les associations Mwendo, Mwana Tsi wa Mdzima, Ngow’shawo, l’École publique de Moroni Djomani, Petit Z’anges et l’Atelier Foundi Boina ont répondu présentes, rejoints par Comores Télécom et plusieurs mouvements citoyens déterminés à faire reculer la violence, défendre les droits de la femme et protéger les plus vulnérables. Le départ a été donné au Lycée Saïd Mohamed Cheikh, avec pour destination la Place de l’Indépendance. Une foule composée de femmes, d’hommes, d’élèves et de citoyens de tous âges a répondu présente. Comme tous les ans, l’objectif est de dénoncer les viols et toutes les formes de violences visant les enfants et les femmes, mais aussi briser le silence, sensibiliser les communautés et promouvoir le droit à une vie saine, sûre et digne. Face à l’assemblée, la Présidente de l’ONG Hifadhui Rahamatou Goulam a rappelé les effets dévastateurs de la violence : « La violence entraîne des blessures physiques et psychologiques, des troubles de santé mentale, des difficultés sociales et économiques, et peut même conduire à la mort », a-t-elle insisté dans son discours.
Le rassemblement a également été marqué par une minute de silence, en hommage à un nouveau-né retrouvé sans vie la semaine précédente. La situation tragique entourant cet événement a été évoquée, la mère sera placée en détention provisoire, poursuivie pour infanticide. Cette affaire a soulevé des interrogations dans la foule sur l’accompagnement et la protection des femmes en contexte de vulnérabilité, un sujet au cœur du combat associatif. Cette marche a permis de rappeler la nécessité d’un combat continu. Elle a ravivé le souvenir d’un drame qui a marqué le pays : il y a quelques mois, une jeune femme de 24 ans, originaire de Mbeni, a été brutalement assassinée. L’auteur du meurtre, identifié, jugé et reconnu coupable par la justice, a été condamné à la peine de mort. Il est actuellement détenu à la Maison d’arrêt de Moroni, dans l’attente de l’exécution de sa sentence, conformément à la décision judiciaire rendue.
Des slogans ont résonné tout au long du parcours : « Non à la violence. Non à l’impunité. Non à la normalisation de la souffrance. » Ces mots ont notamment été portés par la ministre de la promotion du genre, Fatima Ahamada, qui a déclaré : « Le gouvernement s’engage à garantir la protection et le bien-être des enfants, renforcer les lois, sanctionner systématiquement les auteurs de violences et travailler en étroite collaboration avec les associations, les communautés et les partenaires internationaux pour bâtir une société plus juste et égalitaire. Devant la presse, la cheffe du bureau de l’UNFPA aux Comores Dr Boni Edith Ouattara a souligné l’importance symbolique de la mobilisation : « Nous marchons aujourd’hui pour dire haut et fort que nous voulons un monde où les filles sont libres, où les garçons sont des alliés, et où aucune forme de violence n’est tolérée. »
Elle a réaffirmé l’engagement de l’UNFPA, de soutenir le gouvernement et la société civile « pour : renforcer la sécurité en ligne, accompagner les femmes victimes de violences, sensibiliser les jeunes au respect, et valoriser les hommes et les garçons qui choisissent le respect plutôt que la violence. » Cette marche traduit une prise de conscience progressive et un appel à agir ensemble pour faire reculer, peu à peu et durablement, toutes les formes de violence aux Comores.
El-Aniou Fatima (stagiaire)
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