Le garde-côte comorien a porté un coup sévère aux réseaux de trafic de stupéfiants en procédant, le samedi 17 janvier dernier, à la saisie de 149 kilogrammes de cannabis lors d’une opération d’interception en mer. Au-delà de la quantité, c’est surtout la valeur marchande de cette cargaison illicite qui retient l’attention.
Selon les estimations communément admises sur le marché local, un kilogramme de cannabis se négocie autour de 100 000 francs comoriens. La marchandise saisie représenterait ainsi une valeur totale d’environ 14 900 000 KMF, soit près de 30 000 euros. Un montant considérable qui illustre les enjeux financiers colossaux du trafic de drogues dans la région et explique la persistance de ces activités criminelles malgré les risques encourus.
À en croire le communiqué du garde-côte comorien, les individus interpellés ont été remis aux autorités compétentes pour les suites judiciaires. Parmi eux, « figure un facilitateur multirécidiviste, connu des services de sécurité, impliqué dans des filières organisées, notamment liées à l’immigration clandestine, révélant une imbrication inquiétante des trafics », peut-on lire dans le communiqué.
Du côté de la société civile, cette saisie est largement saluée. « Quand on parle de 15 millions de francs, on comprend pourquoi ces réseaux sont prêts à tout. Cette opération montre que l’État peut frapper là où ça fait mal, c’est-à-dire toucher au portefeuille des trafiquants », réagit Salim Mhadji, un acteur associatif engagé dans la prévention des addictions.
Pour Hadidja, mère de deux adolescents, la portée est aussi sociale. « Ce sont nos enfants qui paient le prix fort de ces drogues. Chaque kilo retiré du marché, ce sont potentiellement des vies sauvées », souligne-t-elle. Même son de cloche chez Fakihi, ancien employé de la brigade anti-corruption. « La drogue alimente l’insécurité, la délinquance et la pauvreté. Cette saisie doit être un signal fort et s’inscrire dans une stratégie durable », estime-t-il.
Le garde-côte comorien rappelle que le trafic de stupéfiants constitue une menace directe pour la sécurité nationale, la cohésion sociale et l’avenir de la jeunesse. En frappant des cargaisons d’une telle valeur, les autorités entendent affaiblir l’économie criminelle qui prospère sur les routes maritimes de l’archipel.
Mohamed Ali Nasra
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC