Réunis à la Maison de l'emploi, la Commission de l'océan Indien (COI), l'Agence française de développement et le gouvernement comorien ont proclamé les dix initiatives locales retenues dans l'appel à projets ExPLOI. Collecte incitative, pavés recyclés, pyrolyse ou applications mobiles, toutes misent sur la même matière, le déchet plastique, pour bâtir une filière d'économie circulaire sur les trois îles.
L'événement s'est tenu mardi 9 juin dernier, en marge de l'atelier de formation co-organisé par le projet Facilité Emploi 2 et le projet ExPLOI. Pendant près d'une heure, chacun a insisté sur le même triptyque : réduire la pollution, structurer une filière locale, créer des emplois durables pour les jeunes et les femmes. L'événement s'inscrit dans la dynamique d'ExPLOI (Expédition Plastique Océan Indien), initiative portée par la COI pour renforcer la coopération régionale contre la pollution plastique, financée par l'AFD et le Fonds français pour l'environnement mondial avec l'ambition de valoriser les initiatives locales. Les dossiers retenus couvrent l'ensemble de l'archipel et adressent toute la chaîne, de la prévention à la transformation. Tous partagent un point commun : faire du déchet une ressource économique.
Trois tendances émergent : la territorialisation du fait que chaque île aura ses unités, la professionnalisation par les procédures, marchés, export pilote et la digitalisation via REDEEC qui veut fluidifier les flux. Par ailleurs, les dix porteurs ne repartent pas avec un simple label. Selon les organisateurs, ils bénéficieront d'un parcours de renforcement : formation, mise en réseau, appui technique avec l'Agence nationale de gestion des déchets. Une logique déjà annoncée par la COI, qui prévoit un accompagnement prolongé jusqu'en 2029 via formations, webinaires et appuis institutionnels. Le rapprochement entre Facilité Emploi 2 et ExPLOI vise à apporter une réponse sociale concrète face à l'urgence environnementale. Dans un pays où les plages sont régulièrement souillées et où la biodiversité marine est sous pression, les autorités misent sur des solutions locales plutôt que sur de grandes infrastructures importées.
La prochaine étape sera la phase de maturation des projets, avec études techniques et modèles économiques à consolider avant le financement final. Désormais la bataille contre le plastique se jouera dans les quartiers, avec des collecteurs, des artisans et des start-up, pas seulement dans les conférences. L’objectif affiché n’était pas seulement de distinguer des lauréats, mais de créer un espace de dialogue entre institutions, bailleurs, collectivités et société civile. Dans leurs interventions, les organisateurs ont salué le rôle de l’AFD ainsi que l’action régionale de la COI contre la pollution plastique dans l’Indianocéanie. En choisissant de lier pré-qualification et formation, les initiateurs soulignent que la lutte contre les déchets plastiques ne peut se réduire à une réponse technique. Elle doit être une opportunité économique locale. Les dix porteurs préqualifiés incarnent donc cette double promesse. Reste désormais à transformer cet élan en entreprises viables, capables de répondre à la fois aux enjeux environnementaux, sociaux et économiques du pays.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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