La Gazette

des Comores

Lutte contre la criminalité transnationale : Les Comores plaident pour plus de coopération

Lutte contre la criminalité transnationale : Les Comores plaident pour plus de coopération © : HZK-LGDC

À l’occasion du 3e dialogue ministériel Chine-Afrique orientale sur l’application des lois, tenu le 10 septembre dernier à Lianyungang, en Chine, le ministre de l’intérieur Mohamed Ahmed Assoumani a appelé au renforcement de la coopération sécuritaire entre les États. Trafic d’êtres humains, immigration clandestine, stupéfiants, cybercriminalité et contrôle des frontières figurent parmi les principaux défis évoqués par le ministre.


Devant les délégations internationales réunies à Lianyungang, Mohamed Ahmed Assoumani a défendu une coopération fondée sur le partage d’informations, l’échange d’expertises et le renforcement des capacités opérationnelles. « Les menaces contemporaines, qu’il s’agisse de la criminalité transnationale organisée, de la cybersécurité ou d’autres formes d’instabilité ne connaissent pas de frontières », souligne-t-il. Pour le ministre, aucun État ne peut répondre seul à ces menaces. « Aucun pays ne peut, à lui seul, relever ces défis de manière isolée », affirme-t-il, appelant à une action collective fondée sur la solidarité régionale et internationale. Cette coopération revêt une importance particulière pour l’Union des Comores en raison de sa position géographique. État archipélagique situé dans l’océan Indien occidental, le pays reste confronté aux difficultés liées à la surveillance de ses frontières maritimes. « La porosité de nos côtes, le long de routes maritimes hautement fréquentées, expose notre pays aux réseaux de migration irrégulière, au trafic d’êtres humains et à la criminalité transfrontalière », précise le ministre.

Face à ces vulnérabilités, Mohamed Ahmed Assoumani estime nécessaire de renforcer le contrôle des frontières. « Le suivi et la surveillance de ces espaces insulaires exigent des mécanismes rigoureux de contrôle frontalier et une vigilance opérationnelle continue », indique-t-il. La lutte contre les stupéfiants, figure également parmi les préoccupations exposées. Selon les chiffres présentés par le ministre, la Police nationale comorienne a enregistré et traité 372 affaires criminelles et délictuelles entre janvier et juillet 2026. Les atteintes aux biens et les escroqueries représentent 42,2% des dossiers, suivies des infractions sexuelles et atteintes aux mœurs avec 21,8%, puis des infractions liées aux stupéfiants et à l’alcool avec 21,2%. « Ces données traduisent l’ampleur des défis sécuritaires auxquels nos services doivent faire face », estime Mohamed Ahmed Assoumani. Il souligne par ailleurs la nécessité de renforcer les capacités matérielles, logistiques et technologiques des services concernés.

La cybercriminalité constitue également un axe majeur de coopération. Dans son intervention, le ministre a insisté sur le caractère transnational des nouvelles menaces et sur la nécessité d’une réponse coordonnée. Le partage d’informations et le renforcement des capacités opérationnelles doivent, selon lui, permettre de mieux anticiper ces risques. Le ministre a également relevé la portée symbolique de cette rencontre organisée le 10 septembre, date consacrée à la Journée internationale d’INTERPOL dédiée à la coopération policière mondiale. « Aucune frontière ne saurait protéger seule nos concitoyens face à des réseaux criminels interconnectés », rappelle-t-il. Pour les Comores, « le réseau et les outils d’INTERPOL constituent une clef de voûte indispensable » pour intensifier l’échange de notices, sécuriser les points de passage frontaliers et coordonner les réponses face à la criminalité transnationale organisée.

Mohamed Ahmed Assoumani cite également l’EAPCCO et le partenariat avec la Chine comme des cadres essentiels de coopération. « Seule une action concertée, basée sur le partage d’expertises, l’échange d’informations et le renforcement des capacités opérationnelles, permettra de garantir la paix et la stabilité indispensables au développement durable », conclut-il. Son intervention s’inscrit dans les échanges du Global Public Security Cooperation Forum de Lianyungang, qui ont réuni plusieurs délégations autour de la coopération policière internationale, de la prévention des crises, des menaces transfrontalières et de l’utilisation des nouvelles technologies dans les stratégies de sécurité.

 

Mohamed Ali Nasra

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.