La Gazette

des Comores

Littérature : "Sous le voile du bonheur" débattu au CLAC de Mitsamiouli

Littérature :   © : HZK-LGDC

Samedi 23 mai, c'est au CLAC de Mitsamiouli que Dr Farida Atoissi a choisi de commémorer son ouvrage, "Sous le voile du bonheur", publié chez L'Harmattan en 2016 et préfacé par le monument de la littérature africaine Cheikh Hamidou Kane. Dix ans après sa sortie, l'auteure a parlé de maturation d'un texte qu'elle voulait ramener à sa source, à savoir la jeunesse comorienne.


Une ambiance discrète, des bancs remplis jusqu'au fond, et ce silence particulier des adolescents qui écoutent vraiment. Pendant près de deux heures, l'auteure est revenue sur trois axes de son livre : l'émancipation intellectuelle, le poids des traditions, et la liberté de choisir. Elle a posé une question centrale aux élèves : « Les choix que je fais aujourd'hui, est-ce pour mon bonheur ou pour faire plaisir à quelqu'un d'autre ? » Elle a parlé de ce fils qui suit la filière de son père sans désir propre, et de ces "conseillers malveillants", des aînés qui orientent par peur plutôt que par écoute. Le titre de son livre a naturellement ouvert le débat sur le voile. Dr Farida a rappelé qu'elle n'était pas voilée au moment d'écrire. Elle voulait briser l'image de la femme marionnette.

 

« Nos têtes sont couvertes, mais pas nos cerveaux », a-t-elle lancé sous les applaudissements. Pour elle, le voile choisi est un acte spirituel et un courage, non une aliénation. Le roman évoque aussi la fuite des cerveaux, ces départs qui affaiblissent le pays. Lorsqu'un élève lui a demandé : « d'où vient l'inspiration ? ». Sa réponse a dépassé la littérature. « Lire des auteurs comoriens permet de mieux comprendre sa propre identité, » a affirmé Dr Farida. Elle a raconté son parcours après le bac, ses études à l'extérieur, notamment au Sénégal, et son retour. Elle a défendu la qualité de l'université locale, invitant les jeunes à « prendre tout ce qu'ils peuvent prendre dans ce pays ». Puis elle a élargi : « Si la France est merveilleuse, c'est parce qu'il y a des Français qui ont travaillé. Ce que vous n'aimez pas chez vous, c'est à vous de le changer. Parce que la jeunesse est la force motrice de tout pays. Gardez vos rêves, mais pas pour partir et ne plus jamais revenir. »

 

Un discours qui a visiblement marqué, car l'intérêt n'était pas feint. On a vu des élèves prendre des notes, d'autres photographier la couverture. Pour une génération habituée à lire des auteurs étrangers, découvrir qu'une Comorienne écrit sur des sujets qui nous parlent à tous et surtout l'autorisation de penser sa propre réalité comme délivrance. La rencontre s'est conclue par des dédicaces. Hakim Hassane, aujourd'hui professeur au Groupe Scolaire Lumière et présent à cet événement, a salué l'initiative : « Ce genre de moments nous a manqué. Ça aide à voir les filières, à comprendre les opportunités, à choisir pour soi. »

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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