Il était temps. Après les récentes interpellations du président Azali Assoumani sur les dérives du secteur de la santé, l’État annonce un renforcement des contrôles. L'Inspection Générale de la Santé déclare la guerre aux dépôts sauvages de médicaments et aux faux radiothérapeutes qui pullulent au pays. Avec comme objectif d’assainir un secteur devenu un danger pour la santé publique.
La riposte est venue de l'Inspection Générale de la Santé (IGS). Dans une mise au point diffusée sur les réseaux sociaux, l'IGS a annoncé une opération coup de poing contre les dépôts illégaux de médicaments et l'exercice illégal de la médecine traditionnelle. Conduite avec son juge, son équipe d'inspecteurs, la gendarmerie nationale, la justice, le ministère de la Santé et l'Ordre des Médecins, la mission vise à assainir un secteur devenu hors de contrôle. L'IGS rappelle le cadre légal : tout dépôt de vente de médicaments, toute pharmacie, tout produit thérapeutique traditionnel à base de plantes nécessite une autorisation préalable du ministère. Sans agrément, c'est l'illégalité. Une distinction que l'OMS elle-même défend entre tradipraticien évalué et charlatan opportuniste.
Des enquêtes de terrain ont été menées entre autres à Foumbouni, Mitsamiouli, Salimani et Moroni. Donnant comme conséquences, la fermeture et la mise sous scellés de plusieurs établissements, dépôts clandestins de médicaments et pharmacies de fortune sans pharmacien, mais aussi cabinets de prétendue médecine traditionnelle recevant des patients pour des pathologies lourdes comme le diabète ou le cancer. Parmi les gérants figurent des ressortissants nigériens et béninois sans titre ni autorisation d'exercice sur notre territoire national. Au-delà de la répression, l'équipe a mené une sensibilisation sur les risques d'automédication, de doses non justifiées et d'effets secondaires graves. Des poudres et décoctions sans dosage ni traçabilité qui peuvent détruire le foie, les reins, et retarder une prise en charge vitale.
Interrogé, l'inspecteur Dr Ridhoine assume : "Loin de nous l'envie de jouer les emmerdeurs, mais il est de notre devoir de protéger et de veiller à la santé de la population. Ce n'est pas de la médecine traditionnelle, c'est de l'exploitation de la crédulité. Il y a un risque réel de détruire des vies." Selon le bilan provisoire de l'IGS, 13 personnes ont été interpellées et sont retenues à la gendarmerie dans le cadre de l'opération. Elles seront déférées devant la justice pour exercice illégal de la médecine et vente illicite de médicaments. Dans certains villages, l'équipe aurait rencontré une résistance, signe de l'ancrage de ces réseaux. L'IGS appelle à la vigilance : l'autorité veille désormais et les contrôles vont se poursuivre sur tout le territoire, a annoncé l'équipe.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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