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L'IA et journalisme : Onze journalistes comoriens formés à un usage éthique

L'IA et journalisme :  Onze journalistes comoriens formés à un usage éthique © : HZK-LGDC

Onze journalistes comoriens, dont trois femmes, participent depuis le lundi 19 octobre à Moroni à une formation consacrée à « l’intelligence artificielle au service du journalisme ». Organisée par la Commission de l’océan Indien (COI) avec le financement de l’Agence française de développement (AFD), cette initiative vise à aider les professionnels des médias à mieux maîtriser les possibilités offertes par l’IA, tout en restant vigilants face aux risques de désinformation et aux enjeux éthiques.


L’intelligence artificielle peut-elle aider les journalistes sans compromettre la fiabilité de l’information ? C’est l’une des questions au centre de la formation organisée du 19 au 23 octobre à Moroni par la Commission de l’océan Indien (COI), avec le soutien financier de l’Agence française de développement (AFD). Onze journalistes issus de la presse écrite et audiovisuelle, dont trois femmes, prennent part à cette formation consacrée à l’utilisation de l’IA dans les pratiques journalistiques. Organisée par la COI, avec le soutien financier de l’AFD, cette formation entend favoriser une utilisation raisonnée, responsable et éthique de ces nouvelles technologies. La journée officielle de lancement s’est tenue le mardi 20 octobre, en présence de représentants de l’ambassade de France, de l’AFD et de la COI, ainsi que du formateur Stéphane Brunt, de Jean-Luc Mootoosamy, expert média de la COI, et des journalistes participants.

Tablettes, smartphones et ordinateurs portables à portée de main, les participants se familiarisent avec les outils d’intelligence artificielle et leurs applications dans le travail journalistique. Au-delà de leur maîtrise technique, l’enjeu est de comprendre leurs limites, d’identifier les risques et de préserver les exigences fondamentales du métier : vérifier les faits, recouper les sources et garantir l’indépendance de l’information. Prenant la parole à l’ouverture de la formation, André Blanchard, conseiller politique de l’ambassade de France en Union des Comores, a insisté sur la nécessité de manier l’intelligence artificielle avec prudence afin de préserver la fiabilité de l’information et les principes déontologiques du journalisme. « Sachez que lorsque je lis un article, dès le titre, je sais exactement si c’est généré par l’IA ou si c’est un être humain », a-t-il déclaré. Évoquant la place grandissante des réseaux sociaux dans l’accès à l’information, il a également regretté le recul de certaines exigences éthiques dans les contenus qui y circulent. Pour lui, le journaliste doit rester un acteur vigilant et responsable face à l’utilisation de ces technologies.

Dans la même perspective, Thierry Liabastre, directeur de l’AFD, a rappelé le rôle essentiel des professionnels des médias dans la transmission d’informations fiables et factuelles. « Le journaliste a le devoir de transmettre des informations fiables et factuelles », a-t-il souligné, avant d’insister sur la nécessité de vérifier, de recouper les sources et d’informer en toute indépendance. « Dans un monde où l’IA va vite, le journaliste doit être le gardien de la société en lui apportant des informations fiables », a-t-il ajouté. Il a également mis en garde contre les erreurs susceptibles d’être produites par ces outils, rappelant que la vérification humaine demeure indispensable. De son côté, Fatima Alfeine, officier permanent de liaison de la COI, a attiré l’attention sur les risques de désinformation liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle. « L’IA peut désinformer, ce qui constitue un défi majeur », a-t-elle averti.

Pour elle, ces technologies doivent rester des outils au service des professionnels, et non devenir des sources d’information auxquelles on accorde une confiance aveugle. « L’IA ne peut pas remplacer le journaliste, elle doit être guidée, accompagnée, car c’est une machine et non une source d’information », a-t-elle rappelé. S’adressant aux journalistes présents, elle les a invités à faire un usage responsable de ces outils. « Vous êtes à l’ère de l’IA, il est de votre devoir de bien savoir utiliser l’IA pour le bien et non comme source », a-t-elle déclaré. Elle a par ailleurs salué l’initiative de la Commission de l’océan Indien en faveur du renforcement des compétences des professionnels des médias. Prévue jusqu’au vendredi 23 octobre, cette formation doit permettre aux onze journalistes de mieux intégrer l’IA dans leurs pratiques professionnelles, sans renoncer aux principes qui fondent leur métier.

El-Aniou Fatima

 

 

 


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