Les étudiants de l’université gérée par la fondation Tibyane et qui porte le même nom voient leur avenir menacé. Ils remuent ciel et terre pour tenter faire revenir le gouvernement sur sa décision de fermer ladite université. Les requêtes de cette université auprès du gouvernement pour « assurer la fin du cycle » en cours des étudiants sont restées vaines, du moins pour l’instant.
Toutes les cartes sont-elles jouées pour tenter de sauver des étudiants en détresse ? Trop tôt pour le dire. Etudiants et dirigeants de l’université Tibyane font des pieds et des mains pour pouvoir continuer les études, ne serait-ce que terminer le cycle de 3 ans en cours. Rappelons que le 11 août de cette année, le gouvernement a informé à l’université de ne procéder à aucune nouvelle inscription pour la rentrée en cours et de prendre les dispositions nécessaires en vue de cesser toutes activités liées à l’enseignement supérieur.
Ce coup de massue n’a pas laissé imperturbables les dirigeants de Tibyane. Le 24 août, soit deux semaines plus tard, l’université a écrit à la perspective d’un compromis au ministre de l’éducation nationale. 375 étudiants comoriens sont diplômés soit en Droit, soit en Gestion de ressources humaines par Tibyane.
Pour sauver ceux qui sont en cours de cycle, Tibyane s’adresse au ministre de l’éducation : « Nous sollicitons du gouvernement que les activités de la Fondation Tibyane puissent continuer en cherchant un moyen d’approfondissement quitte à exercer un contrôle à priori à postériori ; Dans le cas où c’est la présence des ressortissants iraniens parmi les dirigeants qui pose problème, la fondation accepterait de rapatrier tout son personnel iranien et d’un commun accord avec les autorités de l’Union des Comores, la nomination d’une commission composée de cadres comoriens pour assurer la fin du cycle afin de préserver l’intérêt général car en cas de refus, le gouvernement de l’Union des Comores assumerait seul l’entière responsabilité de tous les étudiants en cours de cycle…», lit-on sur la requête restée malheureusement sans réponse.
Coté étudiants, le ton monte d’un cran : « Notre pays n’a pas des responsables. Ils n’ont pas le sens de la responsabilité ni du patriotisme. Etre patriote c’est contribuer au développement de son pays avec amour. Ce n’est pas en bousillant notre avenir qu’ils vont pouvoir se vanter demain. Non. C’est de l’influence étrangère. On est conscient. On le sait. Et c’est honteux de se laisser plonger aveuglement dans la vénalité… », s’emporte Oummilher, une étudiante de première année en Droit.
La fermeture de cette université est intervenue le 11 aout dernier, conjointement avec la polyclinique humanitaire Helal d’Iran à Moroni. A se demander si le centre de formation professionnelle et technique Imam Khomeiny de Bandamadji (à quelques encablures au Nord de la capitale), dont le contrat prend fin en mars 2017, va être épargné par ce ‘‘cataclysme diplomatique’’ ou pas. Dispensant des formations 100% gratuites d’informatique, électricité, couture, menuiserie, comptabilité, électronique, plomberie…, le centre Imam Khomeiny depuis ses 10 ans de présence, a formé 8 291 comoriens (5 036 à Ngazidja, 2 151 à Anjouan, et 1002 à Moheli), sans compter des dizaines de prisonniers de la maison d’arrêt de Moroni.
Toufé Maecha
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