La Gazette

des Comores

Les résidents de Mayotte coincés à Moroni « refusent de servir de monnaie d’échange »

Les résidents de Mayotte coincés à Moroni « refusent de servir de monnaie d’échange » © : HZK-LGDC

Empêchés par les forces de l’ordre de se rendre sur le perron de l’ambassade de France pour réclamer leur retour à Mayotte, les résidents de ladite île coincés à Moroni depuis le début de l’année ont tenu une manifestation fugace à Magoudjou, un quartier au centre de Moroni, où ils ont déroulé une banderole sur laquelle on peut lire qu’ils « refusent de servir de monnaie d’échange entre la France et les Comores ».


« Les 500 passagers coincés à Moroni refusent de servir de monnaie d’échange entre la France et les Comores ». Ou encore, sur des pancartes, « 7 mois de vacances au lieu de 2 semaines » pour ceux qui sont à Moroni depuis le mois de janvier. « Nous ne voulons pas mourir entre Anjouan et Mayotte » en référence à cette famille périe en mer alors qu’elle tentait de rejoindre Mayotte après plusieurs mois de blocage dans les autres îles indépendantes.

 

Il faut dire que ces cris d’orfraie sont légitimes. Selon le porte-parole du collectif, l’ambassade de France à Moroni conditionne leur retour à Mayotte par la reprise des reconduites à Anjouan des Comoriens que Paris considère comme étant en situation irrégulière à Mayotte, île comorienne sous administration française. Du côté du gouvernement comorien, les autorités sont bel et bien disposées à délivrer toutes les autorisations nécessaires pour un vol charter.

 

Le 13 juillet, veille de la fête nationale française, une centaine de ces personnes avait tenu un sit-in devant l’ambassade de France avec les mêmes réclamations. La chancellerie s’est finalement résolue à recevoir une petite délégation de trois personnes. Les discussions ont fini « en queue de poisson » selon le mouvement, interrogé par La Gazette. Du côté de l’ambassade, le premier conseiller nous a indiqué avoir « précisé à [ses] interlocuteurs que nous avions le sentiment que la situation évoluait favorablement afin de permettre dans un avenir proche à toutes celles et ceux qui doivent retrouver leur foyer à Mayotte de le faire ».

 

Un « avenir proche » perçu comme une éternité pour ces passagers dont quelques-uns ont pris le vol charter d’Ethiopian Airlines d’hier 20 juillet pour rentrer à Paris. De la capitale française ils pourront facilement rejoindre Mayotte. Un voyage qui coûte cher en temps et en argent mais qui « vaut le coup car on a assez souffert ».

 

Hier tôt dans la matinée, devant l’ambassade de France où devaient se réunir les manifestants, les forces de l’ordre avaient déjà quadrillé la zone. Réunis à la place de l’indépendance, leur point de repli, ils sont formellement interdits de tout attroupement de quelque nature que ce soit. Ils ont réussi à passer entre les mailles du filet des forces de l’ordre pour se réunir de nouveau à Magoudjou, où la manif n’a duré que deux petites minutes. Le collectif ne compte pas abdiquer le combat.

 

AA

 


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