A la fois, journaliste, homme politique, diplomate et surtout religieux, telle est résumée la personnalité de Cheikh Ahmed Kamardine. C’est en tout cas, ce qu’on peut retenir de la conférence religieuse tenue dans la nuit de mercredi dernier, par Dr Said Ahmed Said et Dr Ahmed Mohamed Twawilou, invités par le Centre national de la documentation et la recherche scientifique (Cndrs), dans le cadre des causeries organisées chaque mercredi pendant tout le mois de Ramadan.
« Mwandu », est le titre d’un journal en langue nationale édité aux Comores aux années 1960. Son auteur s’appelle Cheikh Ahmed Kamardine. Ce natif de M’béni (1895-1974), était « une personnalité importante qui a marqué l’histoire de notre pays », explique le directeur général du CNDRS, à la sortie d’une conférence religieuse placée sous le thème « la vie et l’oeuvre du Cheikh Ahmed Kamardine.
Dr Ahmed Mohamed Twawilou, l’un des conférenciers du jour, pense que Cheikh Ahmed Kamardine fut le premier journaliste comorien. « Je peux dire que Kamadine vivait dans un monde qui n’était le sien. Le fait de créer un journal aux années 1960 alors que plusieurs pays du monde très développés n’en avaient pas encore, je crois que c’est une avancée significative », laisse croire Dr Twailou qui a animé la 2eme partie de la conférence sur les ouvres de Cheikh Ahmed Kamardine.
Le métier de journaliste, Cheick Ahmed Kamadine l’avait appliqué lorsqu’il était en exile à Madagascar. Là-bas, « il était nommé traducteur dans le journal Officiel de Madagascar avant d’être nommé journaliste à la radio nationale de Malgache », précise Dr Said Abdallah, avant d’ajouter, que Cheikh Kamardine avait créé son propre journal dans lequel « il traduit les décrets français en langue comorienne pour aider ses compatriotes à bien comprendre la politique française ». Cette profession « noble » l’a fait évoluer progressivement, puisqu’il sera par la suite nommé vice gouverneur de la grande Ile.
Ces deux conférenciers révèlent qu’Ahmed Ali Msoma connu sous le nom d’Ahmed Kamardine parlait 5 langues dont le français, pendant que son père ne voyait pas d’un bon œil la présence de son fils à l’école des blancs à Moroni. Cette opposition se justifie, selon son père, un rêve qu’il a vu lorsque Kamardine était dans le ventre de sa mère. « J’ai peur que tu bise mon cœur », lui avait-il écrit. Et le fils de lui répondre qu’il n’a pas abandonné l’école coranique.
Cheikh Kamardine est l’auteur des appellations données à des célèbres bâtiments, notamment Beit Salam, Dar Saada et Dar Aziyada. Il est le 1er concepteur de l’ancien hymne national « Kavavo Bodawola Vowameya ».
Ibnou M. Abdou
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