La Gazette

des Comores

Les manifestantes libérées, le reporter placé en détention

Les manifestantes libérées, le reporter placé en détention © : HZK-LGDC

Les femmes qui ont manifesté samedi dernier ainsi que deux de leurs chauffeurs sont tous relâchés après être déférés au parquet, hier. Il leur a été reproché de troubles à l’ordre public et de manifestation non autorisée. Mêmes chefs d’accusation que le journaliste Oubeidillah Mchangama placé pourtant en mandat de dépôt.


Deux poids deux mesures. Le parquet à relâché hier mardi les treize femmes qui avaient battu le pavé samedi 30 novembre pour protester contre le régime.  Leurs deux chauffeurs ont également bénéficié de cette liberté. Contre toute attente, le reporter Oubeidillah Mchangama, pourtant reproché des mêmes chefs d’accusation que les autres, à savoir troubles à l’ordre public et manifestation non autorisée, est placé en mandat de dépôt à la maison d’arrêt. Il sera entendu par le juge samedi 7 décembre, soit le lendemain de la date arrêtée pour son mariage avec une femme issue de la diaspora de France. 

 

« C’est inadmissible, condamnable et regrettable. On ne peut pas concevoir qu’en 2019 et bientôt en 2020 un journaliste puisse être mis en prison pour la simple et bonne raison qui il a accompli son devoir, celui d’informer. Car il ne s’agit que de ça. Qu’est-ce qu’on reproche à Oubeid si ce n’est d’avoir filmé une manifestation et de l’avoir diffusée directement ? On ne peut l’accuser de trouble à l’ordre public et de manifestation non autorisée, juste en diffusant des images. À la rigueur, on peut formuler ces accusations à l’égard des organisateurs mais pas à l’endroit d’un journaliste. Sinon c’est remettre en cause fondamentalement le droit d’informer qui est un droit constitutionnel », regrette Idjabou Bakari, directeur de publication de Masiwa.

 

À la suite de cette décision du parquet, les journalistes ont cherché à rencontrer le procureur de la république. Ils étaient malheureusement priés de le laisser tranquille et traités de « délinquants » par son garde du corps qui se montrait particulièrement menaçant quand devant le procureur la corporation insistait à décrocher l’entrevue. Dans la foulée, les membres de la presse ont tenté d’entrer en contact avec le ministre de l’information, de surcroît président par intérim, en vain. Ils ont finalement décidé de se rendre devant la maison d’arrêt pour tenir un sit-in. Ce n’était qu’aux alentours de 20H qu’ils ont évacué les lieux. La fiancée d’Oubeid, elle, était restée sur place. Soit dit en passant, elle tient coûte que coûte à ce que son mariage se fasse à la date prévue, soit vendredi prochain. 

 

TM

 


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