La Gazette

des Comores

Les Français coincés à Moroni dans le désarroi

Les Français coincés à Moroni dans le désarroi © : HZK-LGDC

Selon la délégation qui représente les 500 personnes qui se trouvent coincés pour cause de fermeture des frontières, l’ambassade de France à Moroni refuse d’organiser leur retour avant que le gouvernement comorien ne fléchisse sur les reconduites vers Anjouan des personnes que Paris considère comme étant en situation irrégulière à Mayotte.


« Nous sommes laissés pour compte parce que nous sommes les Français noirs. Ç’aurait été François et Patrick, la situation aurait déjà été débloquée ». Dans un entretien avec La Gazette des Comores le week-end dernier, la délégation conduite par Said Mohamed Said Hachim, un franco-comorien résidant à Mayotte, la partie comorienne a donné les autorisations à la partie française pour un vol spécial vers Mayotte, île comorienne sous administration française.

 

Après cette information obtenue auprès du commandant de la crise sanitaire de coronavirus, qui n’est autre que le ministre de l’économie et porte-parole du gouvernement Houmed Msaidié, ladite délégation s’est ensuite rendue à l’ambassade où elle a rencontré le consul. Selon nos interlocuteurs, ce dernier leur a confirmé qu’effectivement Moroni est disposé à rouvrir les frontières spécialement pour ces 500 passagers souhaitant retourner à Mayotte.

 

Seulement, le voyage est compromis non pas par des soucis logistiques mais...politiques. En effet, à en croire toujours la délégation, l’ambassade a comme préalable l’acceptation du gouvernement pour les reconduites vers Anjouan des personnes que Paris considère comme étant en situation irrégulière à Mayotte. « Nous, français noirs, sommes devenus une monnaie d’échange dans un bras de fer entre les deux gouvernements français et comorien. Voilà où nous en sommes », regrette le président du collectif, Said Mohamed SH.

 

Ce lundi 13 juillet, le collectif prévoit de se rendre à l’ambassade pour faire pression jusqu’à obtenir gain de cause. « À eux de voir s’ils refoulent des Français de leur ambassade parce qu’ils sont noirs ». Les enfants et les femmes, dont certaines se trouvent à Moroni depuis le mois de décembre dernier, sont classés prioritaires dans ce combat. Le Quai d’Orsay aurait enjoint à l’ambassade pour un dénouement rapide de la situation. Au sein des quelques 500 personnes bloquées, on compterait un peu plus de 130 nationalités françaises. Début avril, une soixantaine de Français ont été rapatriés depuis Anjouan.

 

AA

 


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