La Gazette

des Comores

Les embouteillages, un casse-tête pour la capitale

Les embouteillages, un casse-tête pour la capitale © : HZK-LGDC

Depuis quelques jours, les embouteillages sont devenus un véritable calvaire pour les habitants de Moroni. À chaque heure de pointe, les artères de la capitale se transforment en un vaste champ de véhicules immobilisés. Ce phénomène, de plus en plus récurrent, perturbe la vie quotidienne des travailleurs, des parents et des élèves.


Depuis que les administrations publiques fonctionnent selon un horaire fixe de 8h à 17h, les trajets matinaux et de fin de journée se sont transformés en épreuve de patience. Dès 7h, les routes principales, notamment celles de Volo Volo, Coulée, Badjanani et Exim, sont saturées. Le même scénario se répète à midi, quand les parents et les taxis se précipitent pour récupérer les enfants à l’école. « Il y a des mois de cela, on mettait à peine vingt minutes pour aller de l’Oasis à Badjanani. Aujourd’hui, il faut parfois plus d’une heure, voire deux quand il pleut », témoigne Aloihidine Moussa, chauffeur de taxi depuis 15 ans. Comme beaucoup de conducteurs, il dénonce le manque d’organisation du trafic et l’absence d’alternatives de transport collectif.

Les causes de ces embouteillages sont multiples. Outre la concentration des activités dans le centre-ville aggravent la situation. Chaque jour, des milliers de véhicules convergent vers les mêmes points stratégiques, créant un goulot d’étranglement qui paralyse la circulation. Pour Maya Soulé, employée à Comores Telecom, la situation devient intenable : « Je pars de chez moi Malouzini à 6h30 pour espérer arriver à 8h. Et le soir, je ne rentre jamais avant 19h. On perd plusieurs heures par jour dans les bouchons, c’est usant. »

Les taxis, quant à eux, se disent également victimes de cette situation. « Nous passons plus de temps dans les embouteillages qu’à transporter les clients », explique Ali Halidi, conducteur de taxi collectif. « À midi, tout le monde veut aller chercher les enfants à l’école, les routes se bloquent et les klaxons ne servent plus à rien. » Face à cette congestion permanente, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer des mesures de régulation du trafic. Certains proposent une meilleure coordination des horaires scolaires et administratifs, d’autres appellent à la décentralisation des services publics vers les quartiers périphériques.

Selon un notable de Moroni, la mairie de Moroni devrait travailler sur un plan de circulation incluant des sens uniques et une meilleure répartition des stationnements : « Il faut repenser la mobilité urbaine dans son ensemble. Tant que tout se concentrera au centre-ville, les embouteillages persisteront. » En attendant de réelles solutions, les habitants de la capitale n’ont d’autre choix que de s’armer de patience. À Moroni, ce qui devait être un court trajet de vingt minutes se transforme désormais en un long périple d’une à deux heures, symbole d’une ville qui grandit plus vite que ses routes. Principale agglomération de l’archipel, Moroni et sa banlieue a connu une forte explosion de sa population, qui a triplé en moins d’un demi-siècle, avec comme conséquence une urbanisation anarchique et sans véritable plan d’aménagement et d’assainissement du territoire, malgré les belles promesses des gouvernements successifs.

Mohamed Ali Nasra

 


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