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Les dockers de la SGTM réclament leurs arriérés de salaire

Les dockers de la SGTM réclament leurs arriérés de salaire © : HZK-LGDC

Des dockers intervenant au port de Mutsamudu dénoncent, selon des informations rapportées par Al-watwan, des arriérés de rémunération, l’absence de contrats de travail et des conditions de travail qu’ils jugent difficiles. Dans une mise en demeure adressés à la SGTM le 26 juillet, ils réclament la régularisation de leur situation et menacent de saisir la justice.


Le port de Mutsamudu est le poumon économique d'Anjouan. C'est par là que transitent le riz, le ciment, les produits manufacturés et les bagages de milliers de passagers qui font la navette entre les îles. Depuis plus de vingt ans, la Société de Gestion et de Transport Maritime (SGTM), compagnie basée à Mayotte et dirigée par Michel Labourdère, y occupe une place centrale avec ses deux navires emblématiques, le Maria Galanta et le Ntringui. Selon les éléments rapportés par nos confrères, des dockers affirment être confrontés depuis plusieurs mois à des difficultés liées au paiement de leurs prestations et à l’absence de formalisation de leur relation de travail avec la SGTM. Dans une mise en demeure adressée à la direction de la société le 26 juillet, les dockers demandent notamment le règlement de sommes qu’ils estiment leur être dues depuis 2023. Ils réclament également la signature de contrats de travail, l’amélioration de leurs conditions de travail et la mise en place de mesures de protection adaptées à leurs activités.

Ils affirment avoir déjà alerté l’inspection du travail au cours du premier semestre 2024, sans qu’une solution n’ait, selon eux, été trouvée à ce jour. Le montant de 100 euros évoqué dans leur démarche correspondrait, selon les dockers et les informations relayées par le quotidien d’Etat, à la rémunération convenue pour leurs prestations. Ils dénoncent également l’absence de bulletins de paie et de couverture sociale. Les travailleurs décrivent par ailleurs des tâches particulièrement physiques, notamment le déchargement des bagages et des marchandises, la manutention et le nettoyage des navires. Ils déplorent notamment l’absence d’équipements de protection et de contrats écrits. Dans leur courrier, les dockers formulent cinq principales revendications : le règlement des arriérés, l’amélioration des conditions de travail, la signature de contrats écrits, la mise en place d’un règlement garantissant leur dignité et le respect des futurs engagements de l’employeur.

« Nous accomplissons quotidiennement les tâches les plus pénibles liées à l'activité maritime, notamment le déchargement des bagages et marchandises, les opérations de manutention, le nettoyage des navires ainsi que divers travaux physiques particulièrement éprouvants », décrivent-ils. Sans gants, sans chaussures de sécurité, sans assurance en cas d'accident. Sans contrat écrit. C'est le point central de leur deuxième témoignage clé. L'absence totale de formalisation. « Nous ne disposons d'aucun contrat de travail écrit conforme aux dispositions légales applicables », insistent-ils. Une situation qui les prive de toute protection sociale, de congé, et de recours en cas de licenciement abusif.

Pour les dockers, il ne s'agit pas de demander une faveur. « Nos revendications ne constituent en aucune manière des privilèges. Elles tendent uniquement à obtenir le respect de droits élémentaires reconnus tant par les normes nationales que par les engagements internationaux applicables ». Ils donnent un délai de quinze jours à la direction de la SGTM pour répondre à leurs demandes, faute de quoi ils indiquent envisager de saisir les juridictions compétentes.

 

 El-Aniou Fatima

 


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