La ville de Koimbani Oichili a été choisie pour célébrer cette année la journée nationale Maoré. Malgré la Covid-19, les autorités du pays ont pris part à cette cérémonie qui, de manière générale se déroule à l’Assemblée Nationale. Par cette occasion, le président du Comite Maoré appelle à des actes concrets sur la question de Mayotte.
Plusieurs autorités de l’Union et des îles dont la gouverneure de Ngazidja ont fait le déplacement hier dimanche à Koimbani pour assister à la cérémonie marquant la célébration de la journée nationale Maoré. Le 12 novembre est baptisé journée Maoré pour symboliser cette date à laquelle les Comores composés de quatre îles sont reconnues par l’ONU comme Etat indépendante. Il est à rappeler que le 12 novembre 1975, Said Mohamed Jaffar, Chef de l'Etat et du gouvernement, prend place à la tribune de l'ONU. Son discours va consacrer l'entrée officielle des Comores au sein de la communauté internationale. Dans sa résolution 3385, l’ONU appelle à « respecter l’unité et l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores ».
Cette résolution entérine ce souhait d'indépendance et réaffirme « la nécessité de respecter l’unité et l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores, composé des îles d’Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli ». Mais la France se maintient à Mayotte en violation de cette résolution, et organise en 1976, deux référendums le 8 février et le 11 avril, considérés comme nuls et non avenus par les instances internationales.
Lors de cette journée, le vice-président de l’assemblée nationale Abdallah Said Sarouma déclare qu’il s’agit d’une journée spéciale et historique. « Cette journée est spéciale parce que tout comorien doit être fière car elle est égale sinon plus grande que le 6 juillet que nous connaissons tous », dit-il. Et lui de réaffirmer que « Mayotte est comorienne et le restera à jamais ». Selon lui, chaque comorien doit absolument rendre hommage aux élus de la nation qui ont institué cette journée mémorable pour éveiller la conscience plus particulièrement de la future génération.
De son côté, le président du Comité Maoré appelle au changement. « Cela fait déjà 15 ans que nous sommes ensemble pour mener ce combat sans relâche. Il est temps de changer », lance Faouzi Ahamada, qui a profité de l’occasion pour expliquer pourquoi Koimbani a été choisi cette année pour abriter cet évènement. « Koimbani, tout d’abord est une ville historique mais aussi tout le monde sait que l'Assemblée Nationale se trouve en plein chantier en ce moment », dit-il.
Selon lui, célébrer le 12 novembre chaque année est un moyen de dénoncer le maintien de la quatrième île sous domination française et notamment le Visa Balladur de 1995. Il exhorte en retour la classe politique de redoubler d’efforts pour la résolution de cette question de Mayotte. « Nous aurons une cause commune qui ne sera autre que la réintégration de Mayotte dans son giron naturel », plaide-t-il.
Ibnou M. Abdou
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