La Gazette

des Comores

Les activités d’ « Air Darassa » interdites par le ministère de l’intérieur

Les activités d’ « Air Darassa » interdites par le ministère de l’intérieur © : HZK-LGDC

Les activités de l’association « Air Darassa » du prédicateur Mohamed Djibril sont interdites par arrêté du ministère de l’intérieur. Une décision justifiée par la non existence administrative de ladite association mais qui a suscité des vives réactions sur la toile.


Le ministère de l’Intérieur a publié l’arrêté N°21-011 portant interdiction des activités de l’Organisation « Air Darassa » en Union des Comores. Dans ce document où l’existence légale de ladite association est remise en cause car « le siège social est inconnu, n’est pas déclaré ni agréée par les autorités compétentes », il est dit que « ‘’Air Darassa’’ ne répond pas aux exigences de légalité, de traçabilité et de transparence attribuées à une organisation humanitaire ».

Cette décision du ministère semble avoir touché la sensibilité de la population comorienne. Sur la toile où tout le monde suivait en temps réel les actions de ladite organisation, les internautes se sont exprimés et fustigent l’arrêté ministériel. Il faut savoir que tous ceux qui s’expriment, rappellent que « ce sont les plus démunis qui en subiront les coups de cette interdiction ». Du côté du ministère, l’on fait savoir que « ce sont toutes les activités pécuniaires de l’association qui ont été interdites ». 

Contacté, Moustafi Youssouf alias Gâche, un des représentants de l’association « Air Darassa », se dit pétrifié par cet arrêté. « Je ne peux pas expliquer le pourquoi d’une telle décision surtout venant du ministère de l’intérieur. J’estime que si décision devait être prise, c’est au ministère des finances et les banques de réagir mais pas l’intérieur », explique-t-il, laissant entendre que « il aurait été sage de remettre en cause la procédure et non interdire les aides car notre association aide les plus démunis ».

Et pour justifier la non reconnaissance de l’association sur le territoire national, Moustafi Youssouf fait savoir que « des procédures administratives sont en cours ». « Il est écrit que l’argent des aides est reçu par des intermédiaires anonymes alors non nous ne sommes pas des anonymes car tout le monde sait qui remet l’argent, nous nous affichons », justifie-t-il. 

Ancien ministre de la justice, Abbas Mohamed Elhad a aussi réagi à cette décision et selon lui, « pour dissoudre une organisation ou association, il faut saisir le tribunal administratif en se fondant sur des vraies motivations exceptées les organisations avérées terroristes ». « Rien n’empêche aux victimes de saisir les juridictions compétentes. L’arbitraire ne peut fonctionner », lance-t-il. Rappelons que jusqu’ici, l’association « Air Darassa » a dépensé plusieurs millions de nos francs en venant en aide à plusieurs personnes ou familles, soit pour des évacuations sanitaires ou des aides sur place.

Toutefois, on se demande si le gouvernement interdit les aides Air Darassa, serait-il capable de venir en urgence aux familles victimes d’incendies de Madjadjou au sud de Moroni, construire une école coranique ou bien motiver les jeunes à apprendre le coran par cœur. Face à cette décision, on voit que les mêmes erreurs se répètent au fil du temps. Sous Ikililou, on a chassé le Croissant Rouge iranien qui venait en aide aux plus nécessiteux. Sous Azali, ce sont les ONGs qataris qui étaient priées de plier bagage.

A.O Yazid

 


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