Ils étaient engagés pour prendre en charge les demandeurs d’emploi. Ils viennent d’être mis à la porte et remplacés, vraisemblablement par d’autres, sans avoir bénéficié de leurs droits. Les douze agents de la maison de l'emploi, qui accumulent 10 mois de salaires impayés, ne sont plus les bienvenus dans les locaux de l’institution, depuis ce lundi.
En grève depuis le mois de juillet, le ministère a décidé de changer la serrure, d'envoyer de nouveaux agents occuper les locaux et prendre en charge les demandeurs d’emploi, une semaine après l’appel lancé par le gouvernement pour que ces derniers s’enregistrent.
« Nous n'avons pas été consultés et nous n'avons eu aucune note nous signifiant notre suspension, si tel est le cas », a déclaré Nassurdine Ali Abdou, chef d'antenne de la maison de l'Emploi à Mohéli. « Nous sommes arrivés ce matin et nous avons trouvé de nouveaux agents devant nos postes de travail. C’est incompréhensible et injuste», a-t-il poursuivi.
Le gestionnaire de base de données de la maison de l'Emploi s'interroge : « comment peuvent-ils travailler alors que toutes les informations sont confidentiels et stockés dans des ordinateurs sécurisés, vont-ils tout effacer et repartir de zéro ? ».
Housseine Abdoulfatah, conseiller en Emploi, a regretté ce « comportement indélicat » et « irresponsable » du ministère de l'Emploi et de son cabinet qui auraient pu les « informer » de cette décision afin de faciliter le travail de ces « nouveaux arrivants ».
« S’ils formatent les disques durs pour avoir accès aux informations classés confidentiels, ils perdront toutes les données enregistrés depuis 2013. C’est dommage qu'on en arrive là », a affirmé Ousseine Abdoulfatah.
Les douze agents ne comptent pas rester les bras croisés, ils envisagent de porter plainte pour défendre leurs droits. « Nous n'avons pas été payés depuis janvier et nous avons entamé une grève depuis juillet. Aujourd'hui s'ils nous mettent à la porte, on tient à ce que nos droits soient respectés. Un ministère de l'Emploi censé promouvoir le droit du travail et protéger les travailleurs se doit de respecter les droits de ses agents », a insisté Nassurdine Ali Abdou, chef d'antenne de la maison de l'Emploi à Mohéli.
« S’ils veulent nous mettre à la porte, qu’ils le fassent dans les règles. Nous ne nous laisserons pas faire », a conclu Ousseine Abdoulfatah.
A.A.Hamdi
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