Trois jours après la rencontre entre le chef de l'Etat et les operateurs économiques par rapport à la vie chère, le Mouvement des Entreprises des Comores (Modec) a fait le compte rendu devant la presse. Son président Mourad Bazi, persiste et signe que cette crise ne frappe pas seulement les Comores mais le monde entier.
Mourad Bazi, le président du Mouvement des entreprises des Comores (Modec) a fait le point de la rencontre qui a eu lieu samedi dernier entre le chef de l'Etat et les operateurs économiques. Après avoir rendu hommage au gouvernement et au chef de l'Etat qui, selon lui, a pris cette crise au sérieux, le conférencier a rappelé que ce n’est pas la première fois qu'il y a une vie chère en Union des Comores.
« A titre de rappel, en 2006, la tonne de ciment était à 110.000 FC. Mais hélas, les Comores ne tirent pas une leçon pour l'avenir », dit-il. Selon lui, la crise de la Covid-19, puis la guerre en Ukraine sont entre autres les causes lointaines de cette crise. « La Russie est un grand exportateur de pétrole, engrais et blé. Qui nous dit qu’elle ne va pas, dans un avenir proche, mettre fin à l’exportation de ses produits », s’interroge-t-il. C'est ainsi que le président du Modec propose la création des chambres froides pour stocker les produits au cas où certains pays coupent leurs vivres.
Parlant de la vie chère, Mourad Bazi révèle que la rencontre de Beit Salam traitait d’une question nationale, et non politique. Pour y remédier, il propose la mise en place d’une commission qui serait composée, entre des ministères de l’Economie, des Finances, de l’Agriculture, des opérateurs économiques et de la présidence et des parlementaires pour réfléchir sur la lutte contre la vie chère et contre les pénuries. « La rencontre a aussi évoqué la question du dialogue publique-privé. Et la mis en place du secrétariat permanent c’est pour bientôt », indique-t-il.
La loi sur la concurrence est aussi évoquée lors de cette rencontre ainsi que les 5,5 milliard de fonds de garantie. Selon lui, cet argent était destiné à plus de 150 commerçants et affirme que seuls 16 d’entre eux en auraient bénéficié. « Cet argent n’appartenait pas à l’Etat mais ce dernier s’est porté garant auprès des banques qui accordent des prêts. En cas de faillite, la banque saisirait l’Etat qui, à son tour, saisirait le commerçant », précise le président du Modec, tout en pointant du doigt le manque de solidarité entre commerçants car, à ce jour, très peu ont tiré profit de cette opportunité, car chacun aurait préféré passer la commande de son côté, au lieu de travailler ensemble pour des commandes groupées dont le coût de revient serait moins élevé.
Ibnou M. Abdou
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