« Vous êtes l’avenir du pays », déclare Azali Assoumani en s’adressant aux étudiants lors de la rencontre qu’il a eue ce Mardi au palais du peuple. C’est dans une salle pleine à craquer que le président de la République s’est prêté à l’exercice. Inscrits sur une liste établie à l’avance, certains étudiants ont eu l’occasion de prendre la parole.
Malgré la chaleur persistante, ils ont tenu à répondre présent à ce rendez vous. A tour de rôle, les intervenants ont dressé un bilan des 15 ans de l’université des Comores, avant de parler des perspectives pour renforcer les acquis et s’ouvrir vers de nouveaux horizons. En 2003, les comoriens ont payé un taxe de 50 fc supplémentaire sur chaque kilo de riz pour financer la création de l’université. Peu à peu le projet a pris forme et les responsables se réjouissent du chemin parcouru jusque là. Moussa Saïd, président du comité intérimaire de gestion à l’UDC affirme que plus de 80% des bacheliers s’inscrivent à l’UDC qui compte à ce jour, plus de 25575 diplômés. Des diplômés oui, mais que deviennent-ils plus tard ?
C’est l’une des questions que posent les étudiants. « Quand on voit le nombre de diplômés au chômage, on s’inquiète pour notre avenir » déclare un étudiant qui demande à ce qu’une solution soit d’abord trouvée pour leurs ainés. En effet, trouver un emploi après les études est un véritable parcours du combattant. Il y a quelques années, la maison de l’emploi a été mise en place. Cette institution qui a pour mission principale d’aider les jeunes pour leur insertion professionnelle. Mais la tache semble difficile tant le taux de chômage ne cesse d’augmenter de jour en jour. Conscient qu’ils ne peuvent pas tous devenir des agents de l’Etat, les étudiants ont demandé à ce que l’accès au crédit leur soit facilité. Ce n’est que de cette manière que le chômage sera réduit. Pourtant, le président de la république lors de l’interview exclusive accordée à ORTC, Al-watwan et RTN, il a bel et bien parlé de 2800 emplois créés durant ces deux ans au pouvoir.
Pour le bon fonctionnement de l’UDC, les responsables du comité intérimaire ainsi que les étudiants ont soumis leurs doléances : moyens de transports, restauration, hygiène et santé. Pour se rendre à l’université notamment au campus de Mvuni ce n’est pas chose facile pour les étudiants qui doivent se lever à l’aube pour se rendre dans les lieux de stationnement et guetter l’arrivée du bus en espérant suivre les premiers cours de 8h30. Il n’ya pas de parc automobile à l’université. Seuls quelques particuliers assurent la navette Moroni-Mvuni, moyennant 400 fc l’aller-retour. Du coté de l’hygiène, là encore, le constat est amer. Les universitaires doivent se résigner et se contenter de quelques toilettes situées bien loin des salles de classe. C’est sans compter le manque d’infirmerie. En cas d’urgence, l’hôpital le plus proche c’est celui de Mvuni Bambao.
Pendant près de 2h temps, le tour a été fait concernant les avancées et les contraintes auxquelles fait face l’université. Pour Mohamed Ibrahim alias Moudjahidine, étudiant en 2eme année de AES, de tels rendez-vous devraient être réguliers. Au moins une fois tous les ans pour qu’ils puissent dire ce qui va et ce qui ne va pas. « Je ne vois pas la nécessité de faire venir tous les membre du gouvernement. Au final les étudiants ne trouvent plus de place. C’est censé être un débat entre le président et nous. Mais je comprends. Tout cela est purement politique », à la veille des échéances électorales anticipées de mars et avril prochain.
Binti Mhadjou
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