À la veille de la célébration de l’Aïd El-Fitr, le président de la République, Azali Assoumani, a signé un décret accordant une grâce à 51 détenus incarcérés dans les maisons d’arrêt de Moroni, Koki et Badjo.
Ces bénéficiaires, condamnés pour des infractions de droit commun, voient le reliquat de leur peine totalement effacé. Cette mesure s’inscrit dans la tradition de clémence observée à l’occasion des grandes fêtes religieuses, marquées par des valeurs de pardon et de solidarité. De nombreux observateurs estiment toutefois que le locataire de Beit Salam aurait pu saisir cette opportunité pour libérer des détenus politiques, notamment l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, et l’ancien gouverneur de Ndzouani Abdou Salami, qui sont privé de liberté depuis huit longues années.
Pris en application de l’article 54 de la Constitution, le décret n°26-035/PR stipule que les personnes concernées « sont graciées de la totalité du reliquat de leur peine ». Le texte cite plusieurs cas illustrant la diversité des profils concernés : certains ont été condamnés pour des délits mineurs, comme le vol ou la consommation de stupéfiants, tandis que d’autres purgeaient des peines plus lourdes, notamment pour des faits de violences ou de menaces. L’ensemble des condamnations a été prononcé par les tribunaux de première instance siégeant en matière correctionnelle. Les infractions recensées incluent notamment les vols, les coups et blessures volontaires, l’ivresse publique, la consommation de stupéfiants, les menaces de mort et les destructions de biens. Les détenus concernés sont répartis dans les trois principales maisons d’arrêt du pays, avec une proportion notable à Koki.
Au-delà de son aspect juridique, cette décision revêt une portée symbolique. À l’approche de l’Aïd El-Fitr, période de réconciliation et de partage, elle offre aux bénéficiaires une opportunité de réintégrer la société et de retrouver leurs proches. Le décret précise toutefois que cette grâce ne concerne que les peines d’emprisonnement. « Elle ne supprime pas les condamnations civiles ni les dommages et intérêts dus aux parties civiles », souligne le texte. Les obligations envers les victimes restent donc pleinement en vigueur. Par cet acte, le chef de l’État exerce son droit de grâce en faveur de personnes condamnées pour des délits non criminels, dans une démarche qui allie justice, humanité et considération sociale à l’occasion d’une fête majeure du calendrier musulman.
Mohamed Ali Nasra
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