La directrice générale de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux aux Comores (Sonede), Najda Saïd Abdallah, a dressé ce mardi 1er septembre, le bilan de ses trois premiers mois à la tête de l’entreprise. Elle a présenté un état des lieux de la société, tout en rassurant la population sur les mesures engagées pour résoudre la crise de l’eau, notamment à travers l’amélioration de la production.
Face à la presse, la directrice générale de la Sonede Najda a tenu à présenter ses excuses à la population pour les difficultés actuelles liées à l’approvisionnement en eau. Elle a reconnu l’existence d’un problème majeur dans la capitale, tout en assurant que la société ne ménage aucun effort pour rétablir progressivement la situation. Arrivée à la tête de la Sonde il y a bientôt quatre mois, l’ancienne secrétaire générale du ministère de l’Énergie affirme avoir mis en place un planning de redressement afin de permettre à la société de sortir de cette impasse. « Il ne faut pas oublier que j’ai hérité d’une société en pleine difficulté. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas eu quelques avancées. Mais il reste beaucoup de travaux à réaliser pour sortir de cette crise de l’eau. Le grand problème de la Sonde aujourd’hui, c’est le réseau de distribution. Ce réseau date de nombreuses années. Ce qui fait qu’aujourd’hui, il n’arrive pas à distribuer convenablement l’eau dans la capitale. Une fois que la citerne est remplie, les techniciens envoient l’eau, mais le réseau perd plus de 60%. Cela diminue la pression de l’eau et celle-ci n’arrive pas dans tous les quartiers de la capitale », a expliqué Najda Saïd Abdallah.
Elle estime ainsi qu’une révision en profondeur du réseau de distribution est indispensable. « Il faut réviser ce réseau de distribution d’eau. Nous comptons aujourd’hui trois sites d’eau pour les îles, avec une capacité totale de 9 millions de mètres cubes d’eau. Nous devons également améliorer cette quantité d’eau, car la capacité de stockage est inférieure à la demande de la population. Sachant qu’il faut de l’électricité pour remonter l’eau, cela constitue également une difficulté. On m’a laissé trois mois d’arriérés de salaires. Il y avait malheureusement une mauvaise habitude dans la gestion du financement de la société. C’est parmi les problèmes de la société, pour ne citer que ceux-là. J’ai demandé un audit pour comprendre d’abord la situation de l’institution », a-t-elle précisé. Pour la directrice générale, trois mois c’est une période relativement courte pour redresser une société confrontée à autant de difficultés.
Sa priorité, dit-elle, demeure toutefois l’amélioration de la production d’eau. Plusieurs travaux sont déjà en cours. « Samedi dernier, nous avons réalisé des opérations de nettoyage sur nos sites d’eau de Vouvouni. Nous avions 9 000 mètres cubes et nous sommes passés à 15 000 mètres cubes après cette opération de nettoyage du puits à Vouvouni. Nous avons également un programme de réhabilitation du réseau et nous allons renforcer les citernes de stockage. Ce programme est dans le cadre du Projet de Réhabilitation du réseau d'Adduction d'eau de Moroni et ses Environs (PRRAME) », explique-t-elle. Et de promettre une amélioration dans certains quartiers de la capitale. Car, selon elle, ses équipes ont réalisé une prouesse visant à connecter deux citernes de stockage dans le quartier de Château sur les hauteurs de Moroni. « Nos techniciens ont pu connecter les deux citernes du quartier Château, RB 2000 et RH 500, dont les travaux sont encore en cours. Il y a eu un essai aujourd’hui pour voir comment cela va améliorer la situation. On m’a communiqué que l’eau va couler dans les quartiers nord de Moroni », a-t-elle indiqué.
Concernant les tensions avec les propriétaires et conducteurs de camions-citernes, elle a expliqué avoir interdit aux camions-citernes de se ravitailler au niveau de la pompe principale qui achemine l’eau vers Moroni. Cette pompe est réservée à l’approvisionnement des foyers de la capitale. Cette décision a toutefois entraîné une réduction de l’approvisionnement des camions citernes. « Nous avons mis en place trois pompes qui servent les camions citernes, car la demande est très élevée », a-t-elle expliqué, précisant qu’il s’agissait essentiellement d’un malentendu avec les camionneurs et que la situation est désormais réglée.
La société entend également renforcer les capacités de ses agents. L’objectif est de moderniser leurs compétences, de mieux les former et de les affecter aux postes correspondant à leurs profils afin d’améliorer l’efficacité des interventions et de faire progresser les travaux. Elle appelle la population à la patience et à signaler les problèmes, assurant que la Sonede, avec l’appui du gouvernement, œuvre à améliorer la production et la distribution d’eau dans toutes les zones prioritaires.
Nassuf Ben Amad
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