La Gazette

des Comores

La journée de la liberté de presse a été célébrée à Fomboni

La journée de la liberté de presse a été célébrée à Fomboni © : HZK-LGDC

Comme chaque année le 3 mai, la journée mondiale de la liberté de presse est célébrée partout dans le monde. Ce lundi, les journalistes exerçant à Mohéli se sont joints à leurs collègues des autres îles et du monde entier pour célébrer cette journée.


« Pas d'émergence sans la liberté de la presse », peut-on lire sur des pancartes brandies par ces journalistes qui regroupent l’audiovisuel, la presse écrite et les médias en ligne qui exercent à Mohéli. C’est au parking de Salamani que la marche hautement sécurisée par les forces de l’ordre a débuté. Après avoir parcouru le long de la capitale, ces hommes et femmes de médias ont regagné le parking de Salamani où un discours a été prononcé par la chef d’antenne de l’ORTC Mme Ounsia Yssoufou.

 

Dans son allocution spontanée, Mme Ounsia a tout d’abord remercié tous les organes de presse qui ont pris part à cette  marche très significative. « L’année dernière nous n’avons pas pu célébrer cette journée à cause de la pandémie », a rappelé la chef d’antenne du média public. « Mais comme cette année nous connaissons une accalmie de la covid-19, nous ne pouvions faire autrement » que d’en profiter pour célébrer. 

 

Elle a par la suite remercié la force de l’ordre pour la sécurisation de la marche pacifique après l’autorisation obtenue des autorités insulaires. Il convient de souligner que les Comores ont perdu en 2021, 40 points dans le classement de RSF (Reporters Sans Frontières) en matière de liberté de la presse. À Mohéli où les radios et les télévisions opérationnelles les plus suivies sont pro gouvernementales, l’autocensure prend le dessus. Seul les médias en ligne, non formels d’ailleurs, arrivent à tort ou à raison à aborder des sujets sensibles.

 

C’est pour dire que le journaliste est encore loin de pouvoir exercer son métier en toute liberté dans l’île de Djoumbe Fatima. Quant on lit sur une pancarte « yiyo haki ya maranyiya wadjulizwe zidjiriyo harumwa yintsi ayna wa kati » pour dire que « c’est un droit à la population d’être informée de ce qui se passe dans le pays », on se rend compte qu'il reste encore un long chemin à faire.

 

Rien que dans trois semaines, deux employés du poste de santé de Ndrodroni ont été sévèrement menacés par leurs chefs hiérarchiques pour avoir accepté de répondre aux questions de nos confrères de Mongozi Fm et surtout de les avoir autorisés à filmer cette structure sanitaire publique qui se trouve dans un piteux état. Il y a quelques mois seulement un reporter de Mohéli-matin, une page Facebook dédiée aux nouvelles de l’île, a dû passer  plusieurs heures à la gendarmerie pour avoir informé la population sur les bavures que commettent les forces de l’ordre sur la population et sur un mineur pendant cette période de couvre-feu.

 

Riwad

 


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