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des Comores

Justice : Une femme à la tête du parquet de la République de Moroni

Justice : Une femme à la tête du parquet de la République de Moroni © : HZK-LGDC

L’Union des Comores compte une nouvelle procureure de la République près le tribunal de première instance de Moroni. Par décret en date du 22 janvier 2026, Madame Saidatte Fatuma Said Boina, magistrate et jusque-là juge au tribunal de première instance de Moroni, a été nommée à ce poste stratégique en remplacement de Elamine Said Mohamed. La dernière fois qu’une femme a occupé ce poste remonte à 2015.


Cette nomination marque un fait notable dans l’histoire judiciaire du pays : Saidatte Fatuma Said Boina est la deuxième femme à occuper la fonction de procureure de la République à Moroni, après Maoulida Djoubeire, qui avait exercé entre 2014 et 2015, sous la présidence d’Ikililou Dhoinine. Cette dernière avait été suspendue en 2015, avant que Mohamed Abdou ne soit nommé procureur de la République le 11 juillet de la même année. La désignation d’une femme à la tête du parquet de Moroni intervient dans un contexte où la justice comorienne est régulièrement critiquée, notamment sur la question de l’impunité et du traitement des violences faites aux femmes et aux enfants. Sur les réseaux sociaux, l’annonce a suscité de nombreuses réactions, mêlant espoir, prudence et exigences élevées.

Certaines militantes ont salué un signal symbolique fort. La militante Amina Ali a ainsi exprimé publiquement son enthousiasme, rappelant la réputation de rigueur et d’indépendance de la nouvelle procureure lorsqu’elle exerçait comme juge. Dans un message très engagé, elle appelle les victimes à faire confiance à l’institution judiciaire et interpelle directement la nouvelle procureure sur plusieurs dossiers sensibles, tout en exprimant l’attente d’une justice indépendante et protectrice.

D’autres voix féministes adoptent un ton plus mesuré. Pour Royidat Ahmed, militante engagée, cette nomination doit être analysée avec prudence. Selon elle, « la question centrale n’est pas celle du genre, mais celle de la capacité réelle à faire appliquer la loi de manière équitable, indépendante et courageuse », dans un système judiciaire fragilisé par la perte de confiance des citoyens. Elle souligne que par le passé, certaines nominations féminines à des postes clés ont suscité de grands espoirs sans déboucher sur des changements structurels notables. Dès lors, « les actes, et eux seuls, permettront de juger », insiste-t-elle, appelant à des poursuites effectives, des décisions lisibles et une protection réelle des victimes.

Magistrate de carrière, Saidatte Fatuma Said Boina hérite d’un parquet scruté de près par l’opinion publique. Sa nomination est perçue par beaucoup comme une opportunité de restaurer la confiance dans la justice, à condition que l’indépendance du ministère public et l’application de la loi soient effectives, y compris dans les dossiers sensibles. Entre symbole fort pour la représentation des femmes et attente de résultats concrets, la nouvelle procureure de la République de Moroni entame son mandat sous le regard attentif des citoyens, de la société civile et des défenseurs des droits humains.

Mohamed Ali Nasra

 


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