C’est une mauvaise publicité dont la justice comorienne aurait bien pu se passer. Le directeur de publication de La Gazette des Comores a été relâché après près de vingt heures de garde à vue. Le journaliste Toufé Maecha est, lui, toujours retenu.
El-Had Said Omar et Toufé sont accusés « d’atteinte à l’ordre public et de discrédit des institutions à la suite d’articles publiés dans La Gazette des Comores entre mai et juin », selon El-had Said Omar qui s’est exprimé à sa sortie.
Ni El-Had Said Omar, ni Toufé Maecha n’auraient été informés ni notifiés des charges retenues contre eux au moment de leur arrestation lundi soir, l’un à Nioumadzaha et l’autre au siège de La Gazette des Comores à Badjanani. Chacun vaquant à ses occupations, ils ont été cueillis comme des pommes mûres, sans aucune forme de procédure préalable clairement établie.
Moins de 24 h après leur arrestation, le parquet s’est exprimé sur les motifs de leur interpellation : « Le parquet de la République informe l’opinion publique que durant le mois de mai à juin, les publications faites par le journaliste Toufé Maecha lui ont été portées à sa connaissance. Les publications étant susceptibles de troubler l’ordre public et de porter atteinte à la paix sociale, le parquet, dans le cadre de sa mission de préservation de l’ordre public et de veiller au respect, une information judiciaire est ouverte. Les investigations se poursuivent ».
Pour rappel, les publications susvisées concerneraient les articles parus dans le quotidien concernant la santé de l’ancien président Sambi. Il y a de cela quelques semaines, le gouvernement, par la voix du secrétaire général du gouvernement, promettait une modernisation de l’administration judiciaire, notamment sur la volonté de mettre un accent sur le droit des prévenus. Hélas, avec ces arrestations, c’est tout le contraire qui semble se dessiner. Le libre exercice du journalisme, la protection des journalistes et le droit des citoyens à l’information constituent des piliers essentiels de tout État de droit.
El-Had Said Omar, de son côté, a déclaré à sa sortie mardi 09 juin aux alentours de 15h00, avoir été libéré sous conditions : « Je suis libéré sous conditions, je dois revenir demain pour être interrogé », a-t-il confié. Toufé Maecha, quant à lui, est toujours en garde à vue et était encore entendu par les enquêteurs au moment où nous bouclions cette édition.
Imtiyaz
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