500.000 comoriens n'ont pas accès aux toilettes améliorées. C'est ce qui ressort de la journée mondiale des toilettes, célébrée aux Comores ce samedi à l'Alliance Français de Moroni. Une journée placée sous le thème des « toilettes et des emplois ».
Les Comores à l'instar du reste du monde ont célébré la journée mondiale des toilettes. Une journée marquée par une forte présence des jeunes dans la cérémonie organisée à l'Alliance Française de Moroni. Il est ressorti de la célébration de cette journée qu'un nombre important de familles comoriennes n'a pas accès à des toilettes améliorées. Si au niveau mondial plus de 2,4 milliards de personnes vivent sans accès à des toilettes améliorées, ils sont 500 000 comoriens à se trouver dans cette situation.
D'après Dr Marcel Ouattara, représentant de l'UNICEF aux Comores, citant une enquête démographique et de santé publiée en 2012, seulement 29% des ménages utilisent une toilette améliorée, soit environ trois ménages sur dix. « Ces données mettent en évidence des disparités selon le lieu d'habitation. La population des ménages utilisant des toilettes améliorées est plus faible en milieu rural (25%) qu'en milieu urbain (38%).
« A Moroni, seulement 21% des ménages, soit à peu près deux ménages sur dix, utilisent une toilette améliorée », a-t-il estimé. M. Ouattara fait savoir qu' il est admis qu'un ménage peut posséder un téléphone portable, une télévision, une radio ou un réfrigérateur avant d'avoir une toilette améliorée. « Ceci montre clairement que le manque de toilette améliorée n'est pas seulement un problème de pauvreté mais plutôt de choix de priorités au sein des ménages et toutes les couches de la société sont concernées », a-t-il indiqué.
L'absence d'hygiène des toilettes influe sur la santé des ménages d'après Sitty Athoumane secrétaire d'État chargée du tourisme. « Les maladies telles que la dengue et le chikungunya pour lesquelles le moustique porteur aime se reproduire dans les fosses sceptiques et les eaux usées ne connaissent pas les limites d'une maison. Il en est de même pour les mouches qui divaguent entre les déchets et les aliments et qui sont une cause majeure des maladies diarrhéiques », a-t-elle fait savoir.
Autre conséquence d'après le représentant de l'UNICEF est le lien fait entre la faible utilisation des toilettes améliorées et la malnutrition de l'enfant : « il est démontré que la situation de l'assainissement en Union des Comores explique en partie les 30% d'enfants de moins de cinq ans souffrant d'un retard de croissance ». A noter qu'aux Comores la notion de l'hygiène publique n'est pas pour demain. L'un des rares pays où on ne dispose pas jusqu'alors des toilettes publiques.
Maoulida Mbaé
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