À l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée ce 3 mai, le syndicat national des journalistes Comoriens (SNJC) a exprimé de vives inquiétudes concernant la situation des journalistes dans le pays. Le président du SNJC Ahmed Bacar a dénoncé la précarité du métier, les atteintes à la liberté d’informer et les risques liés à l’intelligence artificielle.
Les Comores, à l’instar des autres pays du monde, ont célébré ce samedi 03 mai la journée mondiale de la liberté de la presse, sous le thème : « Informer dans un monde nouveau : l’impact de l’intelligence artificielle sur la liberté de la presse et les médias ». Une occasion pour le SNJC d’exprimer son inquiétude face aux transformations que connaît le secteur. Dans son discours, Ahmed Bacar a souligné que l’intelligence artificielle, bien qu’elle représente une avancée technologique, constitue également une menace pour la liberté d’expression « si elle est utilisée sans éthique ni régulation. » Il a tenu à rendre un hommage appuyé aux journalistes palestiniens tués dans la bande de Gaza. « Plus de 170 confrères ont été assassinés par l’armée israélienne, dans un silence assourdissant de la communauté internationale », a-t-il déclaré, avant d’inviter l’assistance à observer une minute de prière.
Rapidement, le ton est devenu plus ferme. Ahmed Bacar a appelé les organisations internationales telles que Reporters Sans Frontières (RSF) et la Fédération internationale des journalistes à s’impliquer davantage pour garantir la protection des professionnels des médias. « Il faut des lois contraignantes. Les criminels qui assassinent nos confrères doivent être poursuivis et jugés », a-t-il martelé. Sur le plan national, il a exprimé son inquiétude face au recul des Comores dans le classement annuel de RSF, où le pays a perdu quatre places. « Ce n’est pas une chute dramatique, mais cela révèle des failles dans notre système, notamment la dégradation des conditions économiques des journalistes et la difficulté à aborder certains sujets sensibles », a-t-il expliqué.
Il est aussi revenu sur la répression que subissent certains journalistes dans l’exercice de leur métier, évoquant notamment le cas d’Abdou Moustoifa. « Ce type d’affaire doit être traité par le CNPA, et non par la justice ou la gendarmerie », a-t-il insisté. Il a cependant salué les efforts du CNPA, en particulier dans la délivrance des cartes professionnelles, tout en soulignant que « ces cartes ne prendront leur pleine valeur que si elles sont reconnues par les autorités. » Ahmed Bacar a porté un œil sur les conditions difficiles des journalistes. « La plupart vivent de piges ou de petites primes de déplacement. Comment peut-on leur demander de respecter l’éthique dans de telles conditions », s’est-il interrogé. Il a relancé l’appel à la création d’un fonds d’appui à la presse privée, une revendication portée depuis 17 ans mais restée lettre morte.
Il a également dénoncé l’inégalité de traitement entre journalistes et d’autres corps de métier : « Pourquoi un enseignant touche-t-il plus de 120 000 KMF pendant qu’un journaliste peine à atteindre 90 000 KMF ? » a-t-il lancé, s’adressant directement à la ministre de l’Information, elle-même ancienne journaliste. En ce jour symbolique, le SNJC a aussi salué les efforts du bureau précédent dirigé par Faiza Soulé Youssouf, en particulier pour la mise en place d’une mutuelle de santé. Des attestations d’honneur ont été remises aux anciens membres en guise de reconnaissance.
Ibnou. M. Abdou
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC