À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, La Gazette des Comores met en lumière le parcours de Binti Mhadjou, journaliste et conseillère politique, décédée le 24 février dernier en Égypte. Son engagement professionnel et civique, son leadership et son investissement associatif en font une figure inspirante pour les femmes et les jeunes générations comoriennes.
Originaire de Heroumbili dans le Hamahamet au nord de Ngazidja, Binti Mhadjou est née à Mbéni le 24 décembre 1989. Durant son parcours, elle s’est distinguée très tôt par sa passion pour la communication et le journalisme. Après l’obtention de son baccalauréat en 2009, elle poursuit ses études au Sénégal, où elle décroche une licence en journalisme et communication à l’ISEG. Elle se perfectionne par des programmes de leadership pour jeunes Africains, notamment le prestigieux Young African Leaders Initiative (YALI), option « Civic Leadership », financé par l’USAID à Dakar, ainsi qu’une formation sur le journalisme en situation de crise organisée par la Commission de l’Océan Indien.
Professionnelle accomplie, Binti Mhadjou a marqué ceux qui ont travaillé à ses côtés par sa rigueur et sa constance. Chargée de communication au Syndicat National des Journalistes Comoriens (SNJC) jusqu’en 2024, elle a été saluée par l’organisation qui estime que sa disparition brutale « laisse un vide immense au sein de la grande famille de la presse comorienne » et qu’elle « affecte profondément et plonge l’ensemble des journalistes comoriens dans la consternation et la douleur ». Elle rejoint ensuite le ministère des Affaires étrangères en tant que chargée de communication avant d’être promue conseillère politique du ministre. Elle poursuit sa mission avec la même exigence et le souci du service public.
Pour l’ORTC, elle reste « une voix familière et un visage respecté de nos foyers, qui a marqué l’histoire par son professionnalisme et son dévouement ». Binti ne s’est jamais limitée à ses fonctions professionnelles. Elle s’est investie dans le tissu associatif comorien comme membre fondatrice du Club Inner Wheel, et sur la scène internationale, en rejoignant un réseau africain de journalistes spécialisés dans la prévention des risques de catastrophes, formé par l’Union Africaine de Radiodiffusion (UAR). Ses actions visaient à sensibiliser le public et à protéger la communauté, contribuant ainsi à éveiller les consciences et à renforcer la solidarité. Deux semaines après son décès, les hommages continuaient de défiler sur les réseaux sociaux, que ce soit de la part de sa famille, de ses amis, de ses collègues ou même de membres du gouvernement, témoignant de l’empreinte profonde qu’elle a laissée.
Elle a su inspirer plus d’une personne par son habillement élégant, sa manière de s’exprimer et sa capacité à s’entendre avec tout le monde, laissant dans le cœur de ses proches et de ses admirateurs des souvenirs indélébiles. Sa disparition a profondément ému ses collègues et amis. À travers ce portrait, La Gazette des Comores souhaite rappeler que la vie de Binti Mhadjou ne se mesure pas seulement à ses titres ou fonctions, mais à l’impact de ses actions, à la manière dont elle a marqué les esprits et à la force de son exemple. En ce 8 mars, elle incarne une femme qui a su allier excellence professionnelle, engagement civique et leadership féminin, inspirant celles et ceux qui aspirent à contribuer positivement à leur communauté. Son héritage et son exemple resteront gravés dans nos mémoires, inspirant sa famille, ses proches et toute la nation.
Mohamed Ali Nasra
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