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Journée de la presse / La presse comorienne perd son niveau et sa qualité

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Journée de la presse / La presse comorienne perd son niveau et sa qualité © : HZK-LGDC

Les Comores vont célébrer ce mercredi 3 mai, la journée de la presse. Si l’archipel a figuré sur la liste des 50 Etats qui respectent la liberté de la presse, il faut souligner que le métier fait face à de nombreuses contraintes notamment les difficultés financières et le manque de professionnalisme qui font que la presse comorienne perd chaque jour de sa qualité et de son niveau.


« Quand on regarde en arrière, on se rend facilement compte que la qualité de la presse comorienne a baissé », regrette le journaliste et ex-directeur de la publication de Kashkazi, Kamal Eddine Saindou. Ce dernier estime que pour une presse de qualité, il faut des moyens et des journalistes formés, ce qui n’est pas le cas malheureusement.

« La presse est en crise et un journaliste dans la précarité est monnayable. Il peut être corrompu facilement », a poursuivi Kamal Eddine Saindou non sans souligner que la plupart des journalistes ignorent la déontologie et les fondamentaux du journalisme.

Outre la carence de journalistes professionnels, l’ex-directeur de Kashakazi souligne la nécessité de mettre en place un « mécanisme pour accompagner financièrement la presse ». « Les organes privés peuvent disparaitre du jour au lendemain s’il n’y pas les moyens financiers qui permettront aux journaux d’exister », a-t-il ajouté.  

Même constat pour Ahmed Ali Amir, directeur d’Alwatwan, qui déplore la précarité du métier de journaliste et surtout la façon dont ils travaillent. « On se doit de faire des investigations et des enquêtes, de dénoncer les mauvaises pratiques, les abus, l’opacité, les détournements, les pots de vins et violations des droits de l’homme, a-t-il soutenu. Il ne faut pas se limiter à la rédaction de comptes rendus d’ateliers et séminaires ou des actions du gouvernement ».

Kamal Eddine Saindou fait aussi observer le rôle d’éducation et d’information de la presse. « Un peuple qui a accès à une information est capable de participer aux débats, d’émettre des critiques et de contribuer à l’émergence. Une presse faible ne peut pas former des citoyens responsables », a-t-il martelé.

Les défis de la presse sont nombreux. Les journaux doivent aujourd’hui faire face à l’avènement des réseaux sociaux où, les informations sont partagés instantanément et accessibles à tous. Les infos publiées le lendemain sont dépassées, lance le journaliste Hadji Hassanaly, directeur du journal La Tribune des Comores. Ce dernier juge qu’il est urgent de « réfléchir à des moyens de diffusion » de la presse.  

Prendre d’assaut le net est un exercice qui peut s’avérer périlleux. « On ne peut pas diffuser sur la toile avec des articles qui n’ont pas de contenus, qui ne respectent pas les codes de l’écriture journalistique », a alerté Kamal Eddine Saindou insistant au passage sur l’importance de rehausser la qualité et le niveau de la presse qui sont « au plus bas ».  

 

Al-hamdi A. Hamdi

 

 

 


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