La Gazette

des Comores

Interview : « La SCH dispose d'un système de contrôle qualité des produits pétroliers »

Interview : « La SCH dispose d'un système de contrôle qualité des produits pétroliers » © : HZK-LGDC

Ces derniers jours plusieurs usagers dénoncent la mauvaise qualité des produits pétroliers, en particulier l’essence et gasoil. Chauffeurs de taxi ou simples automobilistes, ils sont nombreux à se plaindre des pannes causées par un « mauvais carburant ». L’inspecteur général de la SCH, Mze Ali Azhar Ahamed assurant l’intérim du directeur général, a accepté de répondre aux questions de La Gazette des Comores/HZK.


C’est la deuxième décade du mois de Ramadan, pourriez-vous rassurer la population de la disponibilité des produits pétroliers ?

Mze Ali Azhar Ahamed : D'abord je tiens à rappeler que cela fait déjà plusieurs années que les pénuries de produits pétroliers sont derrière nous, résultat d'un système de planification de nos commandes qui prend en compte les périodes de pic de consommation, entre autres le mois sacré de ramadan. Pour répondre à votre question, nous disposons de stocks suffisants pour ce mois sacré de ramadan. Tous les produits commercialisés par la SCH sont concernés y compris le gaz, autrement dit les stocks disponibles, tous produits confondus vont couvrir les besoins de la population durant ce mois sacré. Nous implorons Dieu, de nous préserver de toute surprise de nature à altérer nos prévisions car avant tout il est le maître des destins.

Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer la mauvaise qualité de vos produits en particulier l'essence et le gasoil, que répondez-vous à ces allégations ?

M.A.A.A : Il faut savoir que les contestations et les manifestations ne sont pas synonymes de guerre ou de conflit. Elles font plutôt partie des instruments de la démocratie, qui ont pour vocation de sensibiliser, attirer l'attention et susciter la vigilance sur une problématique donnée. C'est en soi une façon responsable et honnête de poser un problème et c'est pourquoi la SCH salue sérieusement l'esprit de responsabilité et de compréhension qui ont animé ces mouvements car il a offert à la SCH l'opportunité de prendre davantage conscience de ses responsabilités mais aussi de fournir tous les détails utiles liés aux dispositions qu'elle prend pour garantir la qualité de ses produits.

Quelles sont ces dispositions réellement ?

M.A.A.A :La SCH dispose depuis longtemps d'un système de contrôle de la qualité des produits composé d'un laboratoire interne et d'un partenariat avec des laboratoires étrangers de renommée internationale. Ce dispositif est conforté par l'arrêté N°22-010/MEEII/CAB du 15 Juin 2022 qui définit les conditions techniques et administratives requises pour l’ouverture d'une station-service et garantir la distribution de produits de bonne qualité. C'est dire que la question de la qualité des produits est plus globale et couvre l'ensemble du système de stockage et de distribution à tous les niveaux sur le plan national. Et c'est la raison pour laquelle, faisant suite aux mouvements récents de protestation et afin de pouvoir donner une réponse plus complète et transparente à la problématique de la qualité, nous avons convenu avec le Syndicat National de transport en commun et de Marchandises (Wussukani Wa Massiwa), la fédération comorienne des consommateur (FCC) de mener conjointement une enquête au plan national sur les installations des stations-service et les produits pour pouvoir apprécier leur conformité. Par ailleurs je porte à votre connaissance ainsi qu'au public que la SCH vient d'acquérir des équipements de laboratoire de nouvelle génération et hautement sophistiqués, qui la hisseront au premier rang des sociétés disposant d'un laboratoire performant au plan régional et international. Certains des équipements nouvellement acquis n'existent qu'aux Comores pour le moment et au plan régional. Ces équipements vont permettre de conforter notre laboratoire central au niveau de notre dépôt de Moroni et d'ouvrir un nouveau laboratoire annexe à Anjouan pour le contrôle interne des produits au niveau de l'île mais aussi pour le contrôle des produits de transferts vers les îles.

Le coût d'acquisition des nouveaux équipements de laboratoire estimé semble-t-il à un peu plus de cent vingt millions de nos francs n'est-il pas faramineux ?

M.A.A.A : Les retombées de ces nouveaux équipements sont immenses : Ils vont conférer à la SCH une indépendance et une autonomie totale au niveau du contrôle des produits pétroliers. Les risques de pénuries artificielles de produits liées au transfert vers l'extérieur d'échantillons pour analyse seront évités. La SCH gagnera en crédit vis à vis de ses fournisseurs et pourra négocier en position de force. Des revenus financiers importants seront générés à travers des partenariats avec des sociétés étrangères régionales et internationales de vente ou de transport d'hydrocarbures. Des litiges éventuels avec des laboratoires étrangers seront évités. Dans la perspective d'une exploitation de ressources pétrolières par l'Union des Comores, le tout nouveau laboratoire de la SCH constituera un pilier central dans le dispositif de gestion des produits pétroliers et offrira également à de nombreux étudiants des opportunités de spécialisation dans le domaine de la chimie industrielle, pour ne citer que cela. Par ailleurs le coût d'acquisition de ces équipements représente environ 0,17% du chiffre d'affaires de la SCH, doit-on nous en passer de ces équipements au risque de perdre tout notre chiffre d’affaires ?

Pouvez-vous nous parler des perspectives de la SCH ?

M.A.A.A : La SCH dispose d'un plan stratégique de développement qui s'aligne à la vision d'émergence 2023 prônée par le Chef de l'Etat. Ce plan entend faire de la SCH un pilier majeur du développement socio-économique de notre pays, ce qui suppose une transformation en profondeur à tous les niveaux, institutionnels, technique et administratif. L'objectif étant de moderniser la société et l'aligner aux normes fonctionnelles internationalement requises. Ce processus de modernisation est déjà lancé par l'actuel DG depuis sa nomination, et le nouveau projet de laboratoire en est une illustration. Les axes de déclinaison de ce processus de modernisation sont au nombre de quatre à savoir : mise en place d'importantes réformes institutionnelles, mise à niveau au plan technique et infrastructurel de l'ensemble des dépôts de la SCH, mise en place d'importantes réformes au niveau administratif et financier et enfin mise en œuvre d'un programme de diversification des activités économiques. Notre programme d'actions pour la période 2025-2027 en cours de finalisation ainsi que nos rapports d'activités au titre des années 2022 à 2024 fournissent plus d'indications sur les avancées et les perspectives de notre plan stratégique.

Dans ce processus où situez-vous la problématique des capacités de stockage ?

M.A.A.A : Elle se situe au niveau de l'axe deux relatifs à la mise à niveau de l'ensemble des dépôts. Cet axe comme d'ailleurs tous les autres renferme un ensemble d'actions stratégiques à entreprendre dont une campagne de réhabilitation des citernes de stockages et deux projets d'augmentation des capacités des stockages. Le premier projet concerne le dépôt de Mohéli, déjà élaboré techniquement sur instruction du Chef de l’Etat, et selon notre agenda indicatif, il sera prochainement soumis pour validation dans le courant du premier semestre 2025. Le deuxième projet concerne l'étude de faisabilité d'un dépôt central en Grande Comores d'une dimension internationale, qui sera lancée également dans le courant du premier semestre 2025. 

Propos recueilli par Nassuf  Ben Amad

 


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