Afin de promouvoir la liberté des citoyens et stimuler le respect des droits humains, l’ONG « Dis-Moi » organise une formation pour éclairer des citoyens comoriens. Pour mieux comprendre le sujet, La Gazette des Comores / HZK-Presse a rencontré le directeur exécutif de l'Ong aux Comores, Nabil Jaffar qui explique le concept ‘’Dis-Moi’’.
Question : Comment est née et sur quoi porte l'Ong Dis-Moi, dont vous êtes à la tête aux Comores ?
Nabil Jaffar : « DIS-MOI » est une Organisation non gouvernementale Indianocéanique, créée en 2011 et dont le secrétariat général est basé à Maurice. Fondée par un passionné des droits humains et ancien membre d’Amnesty international, Couronne Lindley, l’ONG s’est installée officiellement aux Comores en février dernier lors d’un passage de Couronne.
Question : Avec les nombreuses arrestations jugées arbitraires observées ces temps-ci aux Comores, pensez-vous pouvoir mener le combat du respect des Droits de l'Homme avec succès ?
N.J : Dans ces cas de figure, Dis-Moi condamne avec toute son énergie de tels actes. Les cas les plus touchants sont les deux prises d’otage de deux femmes arrêtées à Anjouan, Mutsamudu. La première, enceinte, a été arrêtée au prétexte qu’on recherchait son mari qui serait impliqué dans une affaire. C’est une violation des droits humains et de la liberté individuelle. Le PIGN, dans ses agissements, a agi de manière violente. Pour les arrestations politiques, je crois que l'on doit tous faire nôtre, le slogan : « Les Droits Humains nous concernent tous ». Ce n’est pas la question d'une ONG, d’une association ou du gouvernement. Cela nous concerne tous.
Question : Bientôt, vous lancerez la première formation sur les Droits humains aux Comores. Comment cela se présentera-t-il et quel est votre sentiment ?
N.J : La formation sera gratuite et en ligne durant un mois. C’est une formation en ECDH (éducation citoyenne des droits humains). C'est le passage obligé d’un projet que moi-même, en tant que Directeur exécutif de Dis-Moi Comores, je mettrai en place quelles que soient les circonstances. Il faut apprendre à marcher avant de courir. Je reprends une expression de Mireille-Delmas Marty qui dit que « le crime contre l’humanité est la borne commune à toutes les cultures. La mission des droits de l’homme est aussi de préserver cette humanité, à venir, ces générations futures pour que cette humanité reste promesse ». Et tout combat doit se préparer en apprenant les règles. La session se tiendra du 5 au 30 septembre prochain et une cinquantaine de comoriens en seront les bénéficiaires. Une équipe de trois experts mauriciens sera au pays du 09 au 13 octobre pour deux séminaires d’évaluations et remises des attestations, pour cette formation financée par l’ambassade d’Australie.
Question : Qu'attendez-vous des participants ?
N.J : J'attends de tous l'acquisition d’une culture forte en civisme et en Droit Humain. Cela me permettra par la suite de lancer mon premier projet en droit humain dans mon pays : l’UPECC (université populaire d’engagement citoyen aux Comores).
Propos recueillis par A.O Yazid
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