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Interview / Colonel Abdallah Rafick, ancien commandant de la gendarmerie : « A la gendarmerie, j’avais une mission bien déterminée et je pense l’avoir accompli »

Interview / Colonel Abdallah Rafick, ancien commandant de la gendarmerie : « A la gendarmerie, j’avais une mission bien déterminée et je pense l’avoir accompli » © : HZK-LGDC

Nommé en mars 2018 à la tête du commandement de la gendarmerie, le colonel Abadallah Rafick a été remplacé la semaine dernière par le commandant Ramadane Mdoihoma. L’ancien patron de la gendarmerie se dit serein pour avoir accompli la mission qui lui a été assignée par le chef de l’Etat. Quelques jours après son remplacement, il répond aux questions de La Gazette des Comores /HZK.


Question : Vous avez passé dix mois à la tête de la gendarmerie. Quittez-vous votre commandement avec sérénité?

 

Abdallah Rafick : Un des principes directeurs d’un chef militaire, c’est la sérénité, oui je suis serein pour avoir accompli la mission qui m’a été assignée par le Président de la république à mon arrivée ici. J’avais à réorganiser la gendarmerie, la restructurer et l’orienter vers une vision de 2030. D’abord, la réorganisation a eu lieu avec l’apparition de nouvelles structures telle la section routière, l’ouverture de compagnies dans les régions, le bureau de communication et le centre d’opérations de renseignement mais aussi en renforçant l’existant par l’autonomie d’action des services techniques ; ensuite restructurer en revoyant l’organigramme pour pouvoir recruter un certain nombre de jeunes, prévoir les départs à la retraite puis faire émerger de nouveaux cadres supérieurs. Ce qui fut fait par le rajeunissement du commandement et la promotion de nouveaux officiers supérieurs et enfin une ouverture de la gendarmerie vers l’extérieur avec des nouvelles pistes de coopération. 

 

Question : Quelles leçons tirez-vous de votre deuxième passage au commandement de la gendarmerie ?

 

A.R : De mon passage à la gendarmerie, je retiendrais deux choses. La première, c’est la difficulté des moyens alloués par rapport aux nouveaux délits qui apparaissent, une criminalité nouvelle qui fait surface. Mais en cela, les autorités ont ouvert de nouveaux canaux de coopération afin de nous aider et assister pour pouvoir répondre présent pour pouvoir protéger la population et être à l’orée du développement. La deuxième, c’est de faire comprendre à une population que le pays entre dans une phase de développement et de changement vers 2030 et qu’il faille s’adapter, ce qui a rendu le lien armée-nation un peu difficile à faire comprendre. 

 

Question : Lorsqu’on vous a nommé pour une deuxième fois au commandement de la Gendarmerie, vous aviez comme objectif de renforcer la relation entre civil et militaire. Cet objectif est-il atteint ?

 

A.R : Le lien armée et civil est une démarche longue et lente. L’important, nous avons fixé une vision des objectifs des axes et des cibles à atteindre, réconcilier la population et sa gendarmerie pour renforcer le lien civil et militaire. Dans cette optique, nous avons mis en place un programme d’éducation routière et une formation civique dans certaines écoles, nous avons sillonné l’ensemble du pays pour sensibiliser les régions sur le rôle de la gendarmerie et ce que la population est en droit d’attendre mais aussi sur le devoir du citoyen envers la gendarmerie. Mon successeur va continuer cette tâche car ça faisait partie de ses missions dans son précédent poste.

 

Question : Pensez-vous que votre successeur saura maintenir votre cap?

 

A.R : Mon successeur c’est un homme qui a toute ma confiance pour avoir été à plusieurs reprises mon adjoint dans mes différentes fonctions à la gendarmerie où à l’Etat major. J’ai eu donc durant cette période à la gendarmerie à travailler en étroite collaboration sur des dossiers brûlants et difficiles. Il a su me donner satisfaction et s’adapter au contexte. C’est bien pour ça que je pars serein du choix que le Président de la République a porté sur lui car c’est un homme de terrain, du sérail et qui a suivi l’évolution du plan d’action mis en place. Il a les capacités de commander en maintenant le cap sauf concours de circonstances.

 

Question : Ce n’est pas parce que les élections présidentielles approchent qu’on vous a remplacé au commandement de la gendarmerie ?

 

A.R : Le commandement de l’armée n’obéit pas à un calendrier électoral. Je rappelle déjà qu’à la base, nous ne sommes ni électeurs, ni éligibles sauf à se conformer à un certain nombre de conditions. Nous avons des périodes de commandement et nous avons des missions à accomplir. A mon arrivée à la gendarmerie, je vous avais dit que j’étais là pour une courte période pour une mission déterminée dans le temps et dans l’espace (Interview du 18 Mars 2018 accordée par l’ancien commandant de la Gendarmerie à LGDC, ndlr). Je pense avoir accompli cette tâche et c’est pour ça que le Président de la République a décidé de me remplacer. Je n’étais qu’en phase transitionnelle.

 

Question : Après la Gendarmerie, quelle sera votre prochaine destination ?

 

A.R : Je suis un homme de mission, je n’ai aucune ambition. Je suis à la disposition des autorités de l’État pour ce qu’elles voudront me confier.

 

Propos recueillis par Mohamed Youssouf

 


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