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Interview : Bahassani Mohamed : « Préserver les archives, c'est protéger l'avenir des Comores »

Interview : Bahassani Mohamed : « Préserver les archives, c'est protéger l'avenir des Comores » © : HZK-LGDC

Son nom est désormais associé à la défense des archives administratives. Archiviste et formateur en gestion des archives et membre fondateur de l’association des archivistes comoriens, Bahassani Mohamed milite depuis plusieurs années pour une meilleure prise en compte de la gestion documentaire au sein des institutions publiques et privées. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, il explique les raisons de son engagement, les défis auxquels sont confrontées les archives aux Comores et les enjeux qu'elles représentent pour la mémoire institutionnelle, la gouvernance et le développement du pays. Interview.


Question : Depuis quelque temps, beaucoup de personnes vous surnomment simplement « l'archiviste ». Comment percevez-vous cette appellation ?

Bahassani Mohamed : Lorsqu'on défend une cause avec conviction, détermination et persévérance, il est naturel que cette cause finisse par nous définir aux yeux des autres. Être appelé « archiviste » est pour moi un honneur, car ce mot reflète un engagement profond en faveur de la préservation de notre mémoire administrative.

Question : Quel est le principal combat que vous menez aujourd'hui ?

B.M : Je me bats pour que les archives deviennent une priorité dans toutes les administrations et organisations, qu'elles soient publiques ou privées. Cette cause mérite une attention particulière parce qu'elle conditionne la qualité de la gestion administrative et la préservation de notre patrimoine documentaire.

Question : Pourquoi considérez-vous les archives comme le fondement de toute administration ?

B.M : Parce qu'elles assurent la mémoire institutionnelle, facilitent la continuité de l'action publique, garantissent la transparence administrative et préservent l'histoire de nos institutions. Une administration sans archives fiables est une administration qui risque de perdre ses repères.

Question : Selon vous, quelles sont les priorités pour améliorer la situation des archives ?

B.M : Il est essentiel de mieux protéger les documents administratifs, de renforcer les services d'archives et de sensibiliser les responsables à leur importance. Les archives doivent être considérées comme un investissement stratégique et non comme une simple obligation administrative.

Question : Certaines personnes continuent de voir les archives comme une accumulation de papiers anciens. Que leur répondez-vous ?

B.M : Je leur réponds que les archives sont une richesse. Elles contiennent l'information, la mémoire et les preuves nécessaires au bon fonctionnement des institutions. Elles sont un outil de gouvernance et un levier de développement.

Question : Votre engagement semble dépasser le cadre professionnel. D'où vous vient cette détermination ?

B.M : Mon combat est avant tout fondé sur une conviction. Il ne s'agit pas d'une question de titre ou de reconnaissance personnelle. Je suis persuadé que la préservation de la mémoire documentaire est indispensable à la construction d'institutions fortes et durables.

Question : Quel message souhaitez-vous adresser aux décideurs et à l'opinion publique ?

B.M : J'invite chacun à prendre conscience que les archives constituent un patrimoine stratégique pour notre pays. Préserver les archives, c'est préserver la mémoire de nos institutions, renforcer la bonne gouvernance et préparer l'avenir des Comores.

Propos recueillis par Aticki Ahmed Ismael

 


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