Dans un entretien exclusif, le secrétaire général du Comité transitoire de Gestion de l’Université des Comores, Moussa Said Ahmed, explique les nouvelles dispositions qui vont être prises pour une sortie de crise pérenne. L’ancien doyen de la faculté des Lettres et Sciences Humaines avance les prérogatives à adopter pour régulariser et améliorer les conditions de vie à l’Université et la rentrée.
Question : Quel bilan, une semaine après la mise en place du Comité transitoire de Gestion de l’UDC ?
Moussa Said Ahmed : On peut toujours faire un premier bilan. Mais je vous garantis que, par rapport à la mission qui nous a été assignée à la fois par le Président de l’Union et par le Ministre de l’Education Nationale, nous sommes bien partis pour pouvoir assurer la réussite des différentes missions du Comité. Ce Comité est mis en place à partir des échanges qui ont lieu entre les différentes parties notamment le Sneuc, le corps des enseignants, le personnel IATOS, les présidents des coopératives et le Ministre ainsi que d’autres échanges de haut niveau avec le Président de la République qui ont conduit à l’élaboration de trois documents principaux qui sont les documents de base. Il s’agit cependant du document cadre élaboré par le Sneuc, les enseignants et les présidents des coopératives soumis en AG au syndicat avant de parvenir au Président Azali qui l’a bien accueilli et qui, à la même occasion, a donné le feu vert pour aller de l’avant. Ce dernier a conduit à la préparation du deuxième document portant protocole d’accord à l’origine de la fin de la grève signé avec le ministère de tutelle, puis le décret présidentiel comme troisième document venant annuler le processus électoral en instaurant ledit comité. Notre bilan est jusque-là acceptable car nous y travaillons afin de sortir de toute des crises à l’UDC à travers une feuille de route de cinq grandes actions que nous avons élaboré. Nous nous sommes forcés à réorganiser d’abord la rentrée de cette année, la vie à l’Université, un audit sur l’administration et la gestion financière, une évaluation des enseignants et du personnel IATOS, la modernisation de la gestion administrative de l’UDC, puis la révision des textes qui la régissent pour voir comment relancer une deuxième dynamique au sein de cette institution qui se doit d’être un des noyaux durs de l’émergence.
Question : Selon les nouveaux dispositifs, le Comité transitoire de Gestion a quatre mois pour sauver l’institution, pensez-vous pouvoir y arriver en une période aussi courte?
MSA : Absolument ! Déjà il y’a eu l’initiation de la révision des textes et le plan stratégique pour une meilleure sortie de crise est déjà finalisé par les parties prenantes. Donc je ne dis pas que nous allons faire de la magie ou que nous allons pouvoir régler en quatre mois tous les problèmes qui rongent l’Université mais nous sommes capables de remettre au Ministre et au Président durant cette période, un rapport qui sera clair, qui va montrer exactement les résultats attendus et dans l’immédiat nous sommes en train de réaliser un état des lieux qui pourra amorcer petit à petit ce qu’il faut faire. Seulement il faut être réaliste, ne pas paniquer car le risque zéro n’existe pas. Mais tout va passer par la révision des textes car c’est ce qu’on doit faire dans l’avenir au bénéfice de l’Université.
Question : La rentrée universitaire 2018-2019 s'est faite dans une ambiance quelque peu inquiétante caractérisée entre autre par l’absence de la majorité des étudiants. Comment expliquez-vous cela ?
MSA : Ce n’est pas un problème car cela fait partie des enjeux actuels. Ce qui a été important dans un premier temps c’était de mettre fin à la grève et maintenant, il n’y a plus de grève. La rentrée a eu lieu hier (Ndlr : Lundi) et j’ai été contacté par les collègues qui sont à Patsy pour me dire que les étudiants et les enseignants sont prêts à commencer les cours. Je n’ai trouvé aucune raison de les interdire... Ici, les membres du Comité sont tous des enseignants alors on ne peut pas leur dire d’aller enseigner avant qu’ils ne soient payés. Nous avons fait exprès de ne pas lancer une rentrée en masse. On ne peut pas faire ça sachant que rien n’a été mis dans les comptes. J’espère que d’ici la fin de la semaine, la situation sera régularisée et après nous allons commencer à aborder les autres problèmes.
Question : Vous avez évoqué l’organisation de la vie universitaire. Quelles mesures seront prises afin d’éviter que cette nouvelle génération ne subisse le même sort que les anciennes ?
MSA : Parmi les choses qui m’écœurent, c’est le manque de transport universitaire. Depuis que nous avons créé cette université, il n’y a jamais eu de transport universitaire mais les étudiants sont contraints de prendre des bus et mini cars privés qui roulent en fonction de leur timing à eux.
Avec le Président Azali, on étudie à la façon dont nous pouvons d’ici peu, disposer d’un transport universitaire digne de ce nom avec une carte universitaire, ce qui facilitera les déplacements des étudiants. Il faut aussi voir comment faire pour mettre en place des cantines universitaires, mettre les chambres universitaires construites à la disposition des étudiants... On se doit d’étudier le problème des latrines également car cela pose un grand problème à la fois aux étudiants, aux enseignants et à l’administration. Je n’ai pas dit qu’on trouvera une solution en quatre mois mais il faut faire le nécessaire.
Propos recueillis pas A.O Yazid
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