Le monde a célébré hier 1er mai la journée du travail. L’Union des Comores a choisi un thème particulier pour célébrer cette année, celui de l’émergence et le respecte des textes. Salim Soulaimane, secrétaire général de la Confédération des travailleuses et travailleurs des Comores a accepté de répondre aux questions de La Gazette des Comores / HZK-Presse.
Question : Quel sens donnez-vous à cette journée du travail aux Comores ?
Salim Soulaimane : Aujourd’hui nous célébrons cette journée du travail avec une certaine inquiétude. Une inquiétude parce que nous constatons que le droit du travail est en train d’être piétiné pratiquement par l’ensemble des gouvernants que ce soit de l’Union ou des îles. C’est la raison pour laquelle nous les interpellons tous pour que ces droits soit appliqués. Nous voyons les licenciements abusifs à tour de bras et des délégués du personnel qui font l’objet de suspension. C’est dans ce climat que nous fêtons la journée du travail aujourd’hui.
Question : L’émergence, c’est d’abord le respect des textes légaux, tel est le thème choisi par la CTC pour célébrer cette journée ici aux Comores. Que voulez-vous dire par là ?
S.S. : Nous sommes d’accord avec le président de la République que notre pays doit prendre le chemin de développement. Et là dessus personne n’en disconvient. Et nous sommes derrière lui. Mais seulement ce chemin de développement ne peut pas s’emprunter qu’en respectant certaines conditions. Et la première est le respect des textes légaux. Si aujourd’hui on respecte les textes juridiques, administratifs et réglementaires de ce pays, cela montre qu’on veut aller vers l’émergence. On peut citer le cas des passations de marchés, le licenciement des jeunes dans les établissements parapublics et les sociétés publiques sans que leurs indemnités et droits ne soient accordés. C’est cela notre crainte.
Question : Le président de la République fixe le cap de l’émergence l’horizon 2030. Que doit-il donc faire pour y arriver notamment au niveau de l’emploi des jeunes ?
S.S : Justement c’est la contradiction. Aujourd’hui on ne peut vouloir quelque chose et son contraire. Ce n’est pas réaliste. C’est la raison pour la quelle on doit appliquer les différentes politiques existantes en matière d’emploi. On dit que ces jeunes ont été exclus du boulot parce qu’ils étaient recrutés politiquement. Je regrette mais dans leurs actes, il n’y a pas eu de recrutement politique. S’il y a eu un recrutement politique, qui on doit sanctionner ? Ce sont les politiques qui ont recruté qu’il faudrait punir mais pas ces jeunes.
Question : Comment analysez-vous la situation du travail dans le pays ?
S.S : Honnêtement elle est mitigée. Les textes dans le milieu du travail ne sont pas respectés. C’est un problème. Toutes les politiques déjà existantes en la matière sont asphyxiées. Aujourd’hui la politique nationale de l’emploi, le programme pays pour le travail décent et le PUREG sont dans les tiroirs. Et maintenant les Objectifs de Développement Durable sont devenus une chanson. Maintenant, il faut plus que jamais raviver le dialogue social dans le pays pour que chaque comorien donne son avis et arriver à concourir sur ce chemin de l’émergence. Nous sommes d’accord que le pays ne peut pas rester dans l’inaction. Il faut qu’on soit ambitieux mais cette ambition doit être accompagnée par des mesures concrètes. Je lance un vibrant appel à l’Assemblée Nationale vu la situation de blocage constatée aujourd’hui au niveau de l’éducation qu’elle prenne ses responsabilités pour dénouer cette crise parce que si elle dure encore une semaine, ce serait la catastrophe.
Propos recueillis par MY
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