Cela fait deux ans que les Comores ont eu un nouveau gouvernement. Pour mieux cerner les enjeux et la portée des actions réalisées ou en cours, La Gazette des Comores est partie à la rencontre du directeur général de la Maison de l’emploi Hadji Mohamed Ibrahim, pour évaluer les réalisations et les projections en matière de création d’emploi et de lutte contre le chômage tenant compte du slogan "un jeune un emploi" scandé par le candidat Azali.
Question : ‘’Un jeune un emploi’’ est le slogan qui a fait élire l’actuel président, en tant que directeur de la maison de l’emploi, comment traduiriez-vous ce slogan avec des faits après deux ans de présidence ?
Hadji Mohamed Ibrahim : C’est vrai que le slogan ‘’un jeune, un emploi" a été présenté dans le programme d’Azali Assoumani, je pense qu’après deux ans de pouvoir, on œuvre sur la faisabilité et la réalisation pour être en mesure de venir au bout de cette promesse et d’en faire une réalité. Parce que pour créer un emploi, il ne s’agit pas de clamer cela, ce n’est pas évident qu’une fois au pouvoir, le président puisse donner du travail à tout le monde. C’est un processus qui est long. Pour y parvenir, il a commencé à développer les infrastructures qui devront permettre une augmentation des possibilités d’embauche. La construction du complexe hospitalier d’El-Maarouf, la réfection des routes et la règlementation du courant, Tout ça devra élargir les investissements et à un emploi massif.
Question : Parlons chiffres. Combien de dossiers de demande avez-vous reçu pendant ces six derniers trimestres ? A combien s’élève le taux de chômage aux Comores à l’heure actuelle ?
HMI : Cela fait à peine quatre ans que j’ai pris cette fonction et les chiffres que je peux donner montre une évolution malgré tous les obstacles liés à la sensibilisation sociale. Par exemple en 2016, nous avons enregistré quatre-vingt-seize dossiers de demande d’emploi, le chiffre a triplé l’année suivante, plus de trois cent dix demandeurs et au premier trimestre de cette année nous avons trois cent cinquante-deux dossiers donc un total évolutif considérable. Pour ce qui est du chômage, je ne peux pas donner de chiffre palpable car on ne peut pas évaluer une population de quatre cent mille jeunes et donner des résultats sur huit cent demandes. A vrai dire, le taux de chômage est difficile à chiffrer car les dossiers enregistrés sont peu nombreux. Ce que je peux dire, en tant que directeur de l’institution, c’est qu’on a permis l’embauche de sept personnes sur quatre-vingt-seize dossiers en 2016 et trente-sept dossiers en 2017 sur trois cent dix, on peut dire que le rôle de la maison de l’emploi est favorable aux jeunes pour décrocher un job. Je ne suis pas trop fier de ces chiffres mais comme la structure est en train de s’installer, il faut se dire que c’est moyen.
Question : Concrètement, quelles sont les projets en chantier pour lutter contre le chômage des jeunes ?
HMI : Il y a beaucoup de structures concernées par cette possibilité de lutter contre le chômage des jeunes mais la maison de l’emploi est un environnement qui cherche à rapprocher les demandeurs et offreurs d’emplois. Et pour cela, on continue de sensibiliser la jeunesse à la recherche d’emploi de venir s’inscrire sur notre plateforme afin de trouver la solution pour palier ce vide social. Et dans ce contexte, on a mis en place un programme qui devrait inciter ces jeunes à visiter la plateforme et à s’investir dans l’entreprenariat à travers des formations sur la culture d’entreprise, l’élaboration des projets économiques et les techniques bancaires. C’est le moyen efficace pour permettre à nos jeunes d’être eux aussi des créateurs d’emplois à travers les entreprises qu’ils auront lancé dans l’avenir et c’est la philosophie de la Maison de l’emploi pour lutter contre le chômage.
Question : Parmi les promesses de campagne du président, la création d’un millier d’emplois. Jusqu’à ce jour, combien d’emplois ont été créés et dans quels secteurs ?
HMI : Le gouvernement a un projet de trois mille emplois dénommé « emplois rapides », qu’il a présenté récemment dans un séminaire. Le programme est en marche et nous continuons à y travailler parce que la faisabilité ne vaut pas l’annonce. Déjà le fait d’instruire sur la création de trois mille emplois, on sait très bien que ce n’est pas du jour au lendemain que cela va se faire. Mais c’est un processus à suivre à travers le programme de création, c’est dans la filière financière qu’on a mis l’accent tout en commençant par la formation de deux-cent cinquante jeunes dans la comptabilité dont cent trente-deux ont déjà commencé. On a, à cet effet, proposé une loi qui va permettre aux entreprises, publiques et privées, de recruter des comptables au fur et à mesure.
Question : Parlez-nous de votre « politique de l’émergence de la maison de l’emploi ». En quoi consiste-t-elle ?
HMI : C’est un projet qui va avec celui du chef de l’Etat. Et comme la MDE est un acteur majeur pour le développement du pays notamment sur la création d’emploi et l’ouverture à la jeunesse, il ne pouvait passer qu’on ne mette pas en place un programme pour le développement du secteur. Notre projet consiste à réduire le chômage des jeunes tout en s’appuyant sur la création des trois mille emplois, faciliter cette création et essayer de structurer les données de la MDE tout en la dotant d’une vision comme les autres pôles emplois étranger. Et c’est pour cela qu’on a commencé à créer des partenariats avec ces dernières afin de tirer de celles-ci l’expertise. Notre vision est de rendre la MDE comorienne utile et nécessaire à l’instar des pôles emplois du monde en ayant un observatoire fiable et être en mesure d’offrir du travail aux jeunes, sans écarter l’ouverture de celle-ci aux autres îles.
Propos recueillis par A.O Yazid
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