Aux Comores, la lutte contre l'insécurité alimentaire et la malnutrition porte ses fruits. Grâce à des efforts conjoints de l'État et des partenaires internationaux, les taux d'insécurité alimentaire et de retard de croissance ont connu des baisses significatives ces dernières années. Les récents progrès témoignent de l’efficacité des programmes mis en place pour améliorer la sécurité alimentaire et l’état nutritionnel des enfants, tout en mettant en avant la nécessité de poursuivre les efforts pour renforcer la résilience du système alimentaire.
Dans un contexte où la sécurité alimentaire demeure un enjeu central dans le pays, de nouveaux chiffres montrent des améliorations significatives, en partie grâce aux efforts conjoints de l'État et des organisations partenaires. Le responsable nutrition du projet de résilience des systèmes alimentaires (FSRP-Comores), Hicham Mohamed Said rappelle que les données alarmantes publiées par l'INSEED en 2020, qui indiquaient que 44% de la population comorienne était en situation d'insécurité alimentaire, et les statistiques de l'EDS-MICS 2012 selon lesquelles 31% des enfants de moins de cinq ans souffraient de retard de croissance. « Ces chiffres appartiennent au passé », déclare-t-il. « Depuis lors, des efforts multisectoriels ont été déployés à tous les niveaux pour faire progresser la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Nous travaillons avec les communautés, coopératives agricoles notamment dans les zones rurales où les besoins sont les plus pressants ».
Les dernières données de la FAO, publiées en 2022, témoignent d'une évolution positive : le taux de pauvreté alimentaire est passé à 33%. Ce recul montre qu'un nombre croissant de foyers comoriens accède désormais à une alimentation de plus en plus stable. Une étude de référence baseline menée en août 2024 avec l’appui de l’INSEED auprès des centres ruraux de développement économique (CRDE) dans le cadre du projet FSRP-KM confirme également cette amélioration, avec un taux d'insécurité alimentaire de 27,48%, évalué à l'aide de l'outil HFIAS (Household Food Insecurity Access Scale).
Les avancées ne concernent pas seulement l’accès aux denrées alimentaires, mais aussi la qualité nutritionnelle offerte aux plus jeunes. D’après l'enquête MICS 2022, le taux de retard de croissance, indicateur de la malnutrition chronique chez les enfants de moins de 5 ans, est passé de 31% en 2012 (l'EDS-MICS) à 18,2% en 2022 (MICS 2022). « Cette diminution du retard de croissance est un signe encourageant des effets positifs des initiatives nutritionnelles mises en place dans le cadre du Plan Comores Émergent », souligne M. Hicham. « Grâce à une mobilisation collective – avec des actions de diversification alimentaire, de formation des agents de santé communautaire, de renforcement des capacités des prestataires de soins et techniciens agricoles, et par le recours à des approches innovantes – nous constatons une amélioration progressive de la situation nutritionnelle des enfants ».
Cependant, ces progrès ne marquent pas la fin des défis pour les Comores. L’archipel, encore vulnérable aux chocs climatiques et économiques, doit continuer à renforcer ses systèmes alimentaires et diversifier les moyens de subsistance. « Les résultats sont encourageants, mais il est essentiel de rester vigilant. La sécurité alimentaire est une responsabilité partagée et un engagement de longue haleine, particulièrement dans un environnement exposé aux aléas climatiques, » rappelle M. Hicham. « Nous devons tous, à tous les niveaux, autorités, partenaires, communautés et familles, continuer à unir nos efforts pour améliorer encore plus la sécurité alimentaire et nutritionnelle, elle est l’affaire de tout le monde ».
Mohamed Ali Nasra
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