Moudjahidi Abdoulbastoi, avocat de Mohamed Moina accuse une entrave à la défense de son client. Devant la presse, l’avocat n’a pas manqué de préciser que son client arrêté depuis le 11 mai dernier ne bénéficie pas de ses droits.
Accusé de complicité d’attentat à la sureté de l’Etat et de non dénonciation d’un crime, Mohamed Moina, porte-parole du mouvement Dawula ya Haki, est actuellement à la prison de Moroni. Dans une conférence de presse, son avocat, Me Moudjahidi Abdoulbastoi accuse une entrave à la défense de son client. Lors de ses échanges avec les médias de la place, l’avocat de la défense a rappelé qu’après les deux auditions qui ont eu lieu respectivement le 11 et 12 mai dernier, « il a fallu attendre jusqu’au 5 juin, soit près de 25 jours de garde à vue, pour que le juge d’instruction l’auditionne à son tour ».
Indigné, cet avocat au barreau de Moroni montre qu’il y a violation de la défense de son client. « Nous avons eu du mal à nous constituer pour la défense. Le juge d’instruction se trouvant à Anjouan avait refusé de recevoir notre courrier. Malgré tout, nous nous sommes constitués et nous avons essayé d’obtenir une copie du dossier pour savoir de quoi est accusé notre client », explique l’avocat disant n’avoir reçu que les procès-verbaux des auditions effectuées dont celle avec le juge d’instruction.
Un dossier au multiple secret. C’est l’impression que donnent les propos de l’avocat. Moudjahidi Abdoulbastoi laisse entendre que pour bénéficier d’une liberté provisoire, le juge d’instruction n’a pas réceptionné le courrier adressé par la défense. « Nous avons rédigé une demande de mise en liberté provisoire depuis le 2 juillet. En plus, nous avons demandé la nullité de la garde à vue donc son annulation ainsi que les près-verbaux effectués. Jusqu’à ce jour, le juge d’instruction n’a pas réceptionné notre demande », s’indigne-t-il.
Des accusations portées contre son client, l’avocat laisse exploser son exaspération et selon lui, « ce n’est pas parce que Mohamed Moina a reçu un appel d’une personne qu’il ne connait pas qu’on peut l’inculper pour complicité ». « On n’a pas tous les éléments […], mais ce n’est pas parce qu’il appartient au mouvement Dawula ya Haki qu’il peut être accusé », fustige-t-il. De l’arrestation à l’incarcération de son client, Me Moudjahidi déplore que « ces droits humains ne soient aucunement respectés ».
A.O Yazid
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