Le président de la République boucle le tour des inaugurations des centrales électriques à Mwali, après Ngazidja et Ndzouani. Premier acte, fait-il savoir, dans l'ère de l' « émergence ». Azali Assoumani appelle les comoriens à protéger jalousement ces centrales fruits de leur propre sueur.
Et le tour est bouclé à Wemani à Mohéli après presque une année d'une course contre la montre menée contre l'obscurité dans le pays par le nouveau régime. A Wemani où est installée la centrale électrique flambant neuve qui alimente le tout Mwali, le président Azali rend grâce à Allah de lui avoir permis de rechercher et de trouver, chez lui, les moyens de doter son pays, des centrales dont il avait besoin : « pour mettre un terme aux décennies de délestages, aux années d’obscurité, synonymes de tristesse dans nos foyers, de précarité dans nos familles, de faillites dans nos entreprises et de pertes immenses pour l’État ».
Et la reconnaissance : « je l’ai à l’endroit de l’ensemble de mes concitoyens en général, et de mes compatriotes de Mwali en particulier, pour leur confiance à mon égard, hier comme aujourd’hui, et pour avoir su faire preuve de patience en général et d’avoir gardé la foi et l’espoir de sortir un jour de l’obscurité, sans se laisser duper par les mauvaises langues ou encore les solutions à l’emporte-pièce ».
La joie, le président de la République dit la partager avec l'ensemble des comoriens, non seulement pour avoir pu combattre l'obscurité en espérant relancer l'économie, mais aussi de faire en sorte que électricité ne soit plus un luxe pour ceux qui sont en dehors de la capitale.
« Désormais, l’électricité n’est plus l’apanage de Moroni et de ceux qui vivent en ville mais le courant fera la joie des utilisateurs de réchauds électriques, des salons de coiffure, des moulins, des réfrigérateurs. Le courant fera augmenter les revenus des utilisateurs. Mais je pense surtout aux hommes et aux femmes qui sauront mettre à profit l’énergie électrique, pour multiplier leurs activités génératrices de revenus ».
Au delà de cette performance, le chef de l’Etat reste convaincu que le pays est sur la voie de la transition énergétique. Et comme la page de parer à l’ « urgence » est désormais fermée avec brio, il faut « avec sérénité, envisager la diversification de nos sources d’énergie », fait-il savoir. En bon écologiste, il appelle donc à se tourner vers les énergies renouvelables « pour que le branchement d’une maison au réseau électrique ne soit plus un luxe pour les habitants sans revenus. C’est dans ce sens, que nous pourrions enfin mettre le prix de ce courant électrique, à la portée de tous ».
Avec ces centrales « payées de nos poches, avec nos propres moyens, Azali Assoumani croit poser d’une manière concrète le premier acte dans l’ère de l’émergence, celle de la redynamisation de notre économie dans une approche multisectorielle ». Une ère qui tranche avec les années, dit-il, des fantaisies, des gestions hasardeuses, des trafics, des sabotages et la corruption. Il appelle les comoriens à garder jalousement ces centrales. A partir du moment où « chaque bout de ces groupes électrogènes, appartient à chaque Comorienne, à chaque Comorien », et qu'ils ont l’impérieuse obligation d’assurer la pérennité d’un investissement aussi important pour leur pays. Et de renvoyer dos-à dos fraudeurs et agent incongru avant de menacer de durcir la loi contre les deux.
« L’État qui a investi plus de 7 milliard de nos francs, pour installer ces centrales, déclare la guerre à la fraude de l’électricité et au vol du carburant destiné aux Groupes électrogènes J’ai de la suite dans les idées », a-t-il menacé. Et de poursuivre : « J’ai de la suite dans les idées. L’ordonnance n°03-006/PR que j’ai signée en 2003 sera appliquée dans toute sa rigueur ». Il s'agit d'une ordonnance pénalisant le vol de l'électricité, l'eau ou le carburant, d'une peine d'emprisonnement allant de 6 mois à 7 ans ou d’une amende de 100.000 à 1.000.000 fc. « Et je n’exclus pas une révision de cette ordonnance, pour des sanctions encore plus sévères », a-t-il conclu.
Maoulida Mbaé
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