La délivrance locale des passeports et cartes biométriques à Mohéli et à Anjouan marque un tournant dans l’accès aux services publics. Saluée par la population, cette réforme suscite toutefois des attentes fortes quant à sa mise en œuvre durable.
À Mohéli, le projet de mise en place d’un service local de délivrance des passeports et des cartes biométriques est accueillie avec un mélange d’enthousiasme et de prudence. Longtemps contraints de se rendre à Moroni pour accomplir ces démarches administratives, les habitants voient dans cette initiative une avancée significative vers une administration de proximité. Pour Mahmoud Ali, résident de l’île, cette réforme représente un véritable soulagement. « C’est une excellente initiative. Nous avons longtemps dépensé du temps et de l’argent pour aller à Moroni. Si tout fonctionne correctement ici, notre quotidien s’en trouvera facilité », confie-t-il. Toutefois, il appelle à la vigilance : « Il faudra que les autorités assurent un suivi régulier. Sans maintenance et personnel qualifié, le projet pourrait rencontrer des difficultés. »
Cette évolution s’inscrit dans un processus de décentralisation longtemps revendiqué par les populations insulaires. Par le passé, même les démarches les plus simples, comme la légalisation d’un extrait de naissance, nécessitaient un déplacement vers Ngazidja. « Le ministre Dhoulkamal avait à l’époque entendu nos revendications, et aujourd’hui chaque île dispose d’une structure de légalisation. L’introduction des passeports et des cartes biométriques constitue une nouvelle étape, qui facilitera davantage les démarches administratives », souligne Mahamoud.
De son côté, El Amine Boinahamissi insiste sur l’importance d’une mise en œuvre efficace. « Les citoyens de Mohéli attendent des services transparents et performants. Installer des équipements ne suffit pas ; il faut garantir leur fonctionnement sur le long terme et réduire les inégalités avec les autres régions », explique-t-il. Malgré cet élan d’optimisme, plusieurs défis subsistent. Les coupures d’électricité récurrentes, la connexion internet instable, ainsi que les interrogations sur la formation du personnel et la maintenance des équipements, pourraient entraver le bon fonctionnement du dispositif. Ainsi, si la décentralisation des passeports à Mohéli est perçue comme une avancée majeure, son succès dépendra avant tout de la capacité des autorités à assurer des services fiables, continus et accessibles à tous.
Riwad
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