La Gazette

des Comores

Homme et Microbiote : Bénéfice ou pathogénicité ?

Homme et Microbiote : Bénéfice ou pathogénicité ? © : HZK-LGDC

La Coopérative des Étudiants de la Faculté des Sciences et Techniques a organisé, ce mercredi 19 août à la FST, une conférence sous le thème « Les microbes amis ou ennemis ? ». Étudiants, enseignants et autorités universitaires y ont pris part autour d'une question longtemps caricaturée.


C'est à 9h00 que s'est ouverte la conférence scientifique parrainée par la Faculté des Sciences et Techniques. Dans la salle, la présence du Recteur de l'Université des Comores, du Doyen de la FST et de plusieurs enseignants-chercheurs a témoigné de l'importance accordée à cette initiative. Pour animer cette rencontre, la CEFST a fait appel au doctorant Moussa Amroudine.  Scolarisé à Nioumadzaha Bambao, il a poursuivi ses études en Tunisie où il a terminé major de sa promotion en génie biologique. Ingénieur diplômé, il prépare un doctorat à l'Institut Pascal, à l'Université Clermont Auvergne en France. Son projet de thèse pour 2026-2028 porte sur la valorisation des biomasses agroforestières par bioconversion fongique pour produire des mycoprotéines biosourcées. Face à un public attentif, le doctorant a déconstruit l'idée tenace selon laquelle le microbe serait systématiquement nuisible.

 

Lors de sa présentation, Moussa Amroudine a expliqué que contrairement aux idées reçues, 99% des microbes dont nous avons besoin ne sont pas nos adversaires, a-t-il martelé. Le corps humain héberge près de 10 puissances 14 micro-organismes, soit un microbe pour une cellule, pour une masse d'environ deux kilos. Ce microbiote synthétise entre 10 et 50% de nos vitamines, facilite l'absorption de l'énergie, soutient le système immunitaire, intervient dans le stockage des graisses et participe à la formation de vaisseaux sanguins dans l'intestin. Cet équilibre reste fragile alors qu'il fonde notre santé. Une prise d'antibiotiques sans encadrement ou un changement alimentaire brutal suffit à le perturber. L'intervenant a insisté sur la prévention de l'antibiorésistance et sur le lien établi entre déséquilibre du microbiote et diabète de type deux. La réflexion s'est élargie à l'alimentation et à l'environnement avec des exemples comoriens. Il a expliqué la fermentation lactique où le lactose devient acide lactique et permet la coagulation du lait en yaourt ou en fromage.

 

Le même principe vaut pour le manioc fermenté sous forme d'attiéké, de gari, de tapai ou de pâte. L'activité microbienne y améliore la digestibilité, révèle les arômes, prolonge la conservation et élimine le cyanure par acidification. Au-delà de l'assiette, le rôle des micro-organismes dans les sols est décisif. Le chercheur a décrit un cycle qui débute par la photosynthèse et la conversion du dioxyde de carbone, se poursuit par l'exsudation racinaire de sucres et d'acides aminés, puis par la fixation de l'azote. Les mycorhizes nourrissent la plante tandis que les champignons endophytes la défendent. Ce microbiote devient, via le compostage, moteur naturel de fertilité. La rencontre a atteint son but en montrant que les micro-organismes, loin de se résumer à des agents pathogènes, sont des partenaires indispensables pour la santé humaine, la sécurité alimentaire et la transition écologique.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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