Le Collège des Sages a tenu samedi dernier à l’Institut de formation des enseignants et de recherche en éducation (Ifere) de Moroni, une grande cérémonie pour honorer la mémoire de feu Said Hassan Said Hachim, disparu le 30 novembre de cette année.
Sa disparition avait en effet ébranlé le microcosme politique et la société civile au vu des rôles qu’il a eu à jouer tout au long de son parcours dans l’exercice de différentes fonctions étatiques dans le pays. C’est devant un partenaire de hautes personnalités et des membres de sa famille que s’est déroulé la cérémonie. Quatre interventions ont jalonné la rencontre.
Le premier à prendre la parole fut Mohamed Assoumani, un homme de loi et membre du collège et qui a justifié la tenue d’une telle rencontre par l’envergure du personnage qui aura marqué profondément de son empreinte plusieurs générations.
C’est dans ce cadre que le collège des sages se devait de lui rendre cet hommage. Selon lui, SHSH a au cours de sa vie, marqué de son aura les diverses fonctions qu’il a eu à occuper. Il était à la fois un homme politique et en même temps un guide spirituel. Il était une personnalité très respectée par une frange importante de la population de par sa longue carrière politique mais aussi de par sa sagesse.
Le deuxième intervenant fut le Dr Ouledi, grand passionné d’histoire contemporaine, qui a brossé un tableau de la vie du grand homme et des grands moments de sa vie. Cette biographie succincte aura permis à certains de mesurer le chemin parcouru par SHSH. Il a souligné entre autres que ce dernier était un homme pieux et qu’il fut un des remparts pour la pratique de l’islam sunnite respectueux des traditions comoriennes. Sa force, aimait à répéter le défunt, il la devait à ses aïeux notamment les Abou Bakr Ahli bin Salim et ses descendants. Il était par ailleurs, le petit fils du sultan Hachim et pilier d’Inya Mdombozi,
Dans son intervention, Damir Ben Ali le président du conseil des sages a d’abord tenu à faire une rétrospective de l’histoire des Comores pour replacer l’homme dans le contexte dans lequel il a évolué. Pour Damir, la grande leçon qu’il faut tirer des enseignements de SHSH est que la jeune génération semble se détacher de la culture comorienne traditionnelle pour faire prévaloir les cultures des pays dans lesquels ils ont fait leurs études. C’est un pavé jeté à la classe politique comorienne pour donner une âme au discours politique.
Aussi l’inquiétude de Damir réside dans cette rupture qui s’opère entre les anciens qui étaient imprégnés des traditions et cette jeune génération qui n’a point de repères et qui est en train de biser les barrières sociales sans contrepoids. Il en appelle à un sursaut de tous pour valoriser la culture traditionnelle comorienne dernier rempart contre l’intolérance et la violence aveugle qui ont commencé à avoir cours dans notre société.
Le dernier intervenant fut le Dr Abdoulhakim Chakir de l’Université des Comores et du Mouftorat. C’était un témoignage sur la personnalité complexe de SHSH. Un homme qui était ouvert au monde du savoir venant des multiples horizons. Il a exhorté nos intellectuels à s’atteler à écrire l’histoire de ce grand homme pour que son œuvre survive après sa disparition.
Mmagaza
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