La Gazette

des Comores

Hommage / Cérémonie religieuse de commémoration du décès d’Abdou Bakar Boina

Hommage / Cérémonie religieuse de commémoration du décès d’Abdou Bakar Boina © : HZK-LGDC

Ce dimanche 17 mars a eu lieu dans la grande mosquée de vendredi de Mitsamiouli une cérémonie religieuse en la mémoire d’Abdou Bakari Boina, le grand leader indépendantiste disparu l’année dernière.


De nombreuses personnes de tous âges et de toutes conditions sociales y ont pris part. On a noté la présence du Dr George Roberts, enseignant d’histoire de l’Université de Cambridge (Angletrre), spécialiste des mouvements de libération de l’Afrique de l’Est. Après la lecture des versets du Saint Coran et autres « Douans », le Dr Ouledi Ahmed, auteur d’un livre sur cette grande figure du nationalisme comorien, a pris la parole. Il a fait l’éloge du grand homme. Il a débuté son propos en rappelant ses origines modestes, qui ne l’ont pas empêché dans un contexte hostile, à tous points de vue, de lutter pour accéder au savoir en devenant un enseignant de formation.

 

Abdou Bakari Boina est né en 1937, d’un père cheikh de la confrérie chadhouliyi de Mitsamiouli et d’une mère de Koua. Quant il voit le jour, le petit archipel des Comores n’est connu à cette époque que sous l’appellation de Madagascar et Dépendances. Il est une colonie française rattachée à la colonie de Madagascar.

 

Abdou Bakari Boina a contribué à donner une visibilité au niveau international de la revendication indépendantiste. Il a également participé à asseoir le nouvel Etat comorien dans le concert des Nations et plus spécifiquement du continent africain grâce à ses nombreux contacts.

 

Cependant, l’engagement et les sacrifices qu’il a consentis durant sa vie de militant indépendantiste n’ont cependant pas été récompensés à leur juste valeur par les dirigeants successifs du pays. Il n’a bénéficié que de peu d’égards de la part de l’Etat. Il ne figurait ni dans la liste protocolaire ni dans les pensionnaires de l’Etat. Lorsqu’il fut victime d’un accident vasculaire cérébral, c’est en grande partie sa famille qui a dû supporter les frais d’évacuation et de prise en charge hospitalière.

 

Pourtant il est une personnalité de premier rang dans le combat pour l’indépendance, ayant marqué deux décennies durant la scène politique comorienne. L’homme ne figure ni dans un manuel scolaire d’histoire ni même dans les hommages rendus par la République des Comores à ses valeureux fils et filles. L’homme est une icône qui dans d’autres cieux serait reconnu comme tel et honoré comme il se doit. En effet quand arrivent les indépendances des pays africains à la fin des années 60, il est parmi les rares de l’élite comorienne de l’époque à s’interroger sur les dures réalités de l’archipel et sur son évolution future. Il va s’engager, sans hésiter, dans la revendication d’indépendance.

 

S’il est bien vrai que les résultats de près de quarante années d’indépendance sont médiocres mais certainement pas nuls. Aussi en ce période d’élections, il convient de prendre l’exemple de cette figure emblématique pour engager un nouveau combat pour le développement et, surtout contre l’enrichissement illicite, les détourneurs de biens publics, la médiocrité dans les hautes fonctions de l’Etat, l’amateurisme politique.

 

Mmagaza

 


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