La Gazette

des Comores

Hausse des produits pétroliers Une décision aux conséquences multiples

Hausse des produits pétroliers  Une décision aux conséquences multiples © : HZK-LGDC

Longtemps attendue, mais toujours repoussée, la hausse des prix des produits pétroliers a fini par advenir. Le comorien moyen ou le comorien lambda doit s'attendre à des jours de dur labeur.


En l'absence du ministre des finances, c'est au ministre de l'économie qu'est revenu la charge d'annoncer la « mauvaise » nouvelle aux comoriens et cela en direct à la télévision nationale. La fébrilité observée lors de cette rencontre avec la presse trahit une certaine gêne de la part du gouvernement qui aurait souhaité ne jamais avoir à annoncer une telle mesure. Non pas par apathie envers la population, mais pour masquer l'échec d'une gestion calamiteuse de la société des hydrocarbures entamée depuis quelques années tous régimes confondus. Ce qui est sur, la hausse des prix des hydrocarbures aura fatalement un effet d'entraînement sur les autres produits de première nécessité. Et dans ce cas là, ce ne sont pas les discours qu'il faudra servir mais, des vraies mesures d'accompagnement pour éviter le pire.


Il est très difficile de croire que le gouvernement peut contenir la tentation des commerçants et autres agriculteurs à augmenter les prix des denrées alimentaires afin de compenser le surplus qu'ils payent dans le transport vers la capitale ou le prix du carburant pour les marchandises des gros importateurs. Nous avons vu, au lendemain de l'annonce de l'augmentation des prix des hydrocarbures, le syndicat Wusukani wa Masiwa est rentré en action pour forcer le gouvernement à négocier afin de fixer les nouveaux tarifs sur les frais de transport. Une aberration pour certains qui font remarquer l'absence de concertation de toutes les parties prenantes (gouvernement, syndicats et société civile).

« La façon dont le gouvernement a annoncé la hausse des prix des carburants nous montre comment elle va gérer ses conséquences. Comment l'Etat peut nous dire depuis plusieurs semaines que le carburant va augmenter, sans prévoir de rencontrer les partenaires sociaux pour en discuter et essayer de canaliser les hausses avant d'annoncer les prix. On a vu, chaque taxi a fixé le tarif à sa convenance et ce n’est qu’après que le gouvernement a commencé à discuter avec le syndicat. Et ça sera la même chose pour les boulangers, les pêcheurs, la Sonelec, les importateurs de produits carnés, les camions transporteurs de sable etc… Même le prévisible on ne le prévoit pas », écrit Fahamy Thabit, ancien président de l’UCCIA sur sa page Facebook.

Dans un pays où chacun peut s'arroger le pouvoir de gouverner dans son coin, on risque de se retrouver dans une spirale inflationniste dont ne peut imaginer les conséquences. Quelle est la portée de l'accord conclu entre Wusukani wa Masiwa et le gouvernement sur la base ? Ce qui est sur, la décision est déjà contestée par les chauffeurs de Washili comme rapporté par nos confrères de HaYba FM. Ces derniers jugent insuffisant le frais de 650 FC et réclame qu'il soit remmené à 750 FC. Des situations qui risque de se démultiplier malheureusement les prochains jours, voir s'éterniser. Et c'est peu dire.


Sans que les autorités n'aient à annoncer une hausse quelconque du prix de la farine, que le pain s'envole déjà. Dès mercredi matin la petite baguette à 75 FC était proscrite dans les boulangeries de la capitale. Pour espérer goûter au précieux sésame il faut désormais avoir 100 FC en poche. L'on comprend facilement que cette hausse est directement imputée à l'augmentation des prix des carburants. Le grand problème de l'inflation aux Comores, ce n’est pas l'augmentation des prix, c'est le contrôle pour qu'il y'ait uniformité dans l'ensemble du territoire national. Pas assez d'agents pour les services concernés et la population n’est pas prête à jouer au gendarme, résignée, elle subit l'incapacité du gouvernement à stabiliser les prix. Le kilo des ailes de poulet fixé à 1100 FC, s'est stabilisé autour de 1200 FC voir plus. Et la liste peut s'allonger. En tout cas le gouvernement semble trouver un début de solution, stopper la vente des bonnets chinois. Tsi haba

AS Badraoui

 

 


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