La Gazette

des Comores

Haifaou Younoussa : « Cette victoire va m’ouvrir les portes à des opportunités de recherche post doctorale »

Haifaou Younoussa : « Cette victoire va m’ouvrir les portes à des opportunités de recherche post doctorale » © : HZK-LGDC

Spécialisée dans l’identification des anomalies chromosomiques et moléculaires liées aux troubles du développement du sexe dans la période prénatale et post-natale au Sénégal, Haifaou Younoussa est lauréate dans le cadre du programme pour les femmes et la science de la fondation L’Oréal en partenariat avec l'Unesco. Un prix décerné pour la 11ème année consécutive. Ce prix est attribué à 20 jeunes femmes qui travaillent dans le domaine médical et biologique et qui explorent de nouveaux territoires scientifiques en phase avec les besoins du continent. Interview.


Question : Vous venez de remporter le 11eme prix des jeunes women science quel est votre sentiment ?

Haifaou Younoussa : Je suis très contente de remporter le prix l’Oreal-UNESCO et surtout de représenter à la fois mon pays les Comores et l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Question : Votre recherche portait sur quoi et quels sont vos objectifs aujourd’hui en tant que lauréate ?

H.Y : Mes travaux portent sur la recherche et l’identification des anomalies chromosomiques et moléculaires chez les enfants atteints des troubles du développement sexuel. C’est-à-dire ambiguïtés sexuelles ou enfants asexués. En tant que lauréate du prix l’Oreal-UNESCO pour la femme et la science,  je compte atteindre mes objectifs en terminant ma thèse de PhD et continuer dans le domaine de la recherche.

Question : Vous dites que vos recherches portent sur l’identification des anomalies chromosomiques et moléculaires chez les enfants atteints des troubles du développement sexuel. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce que cela veut dire ?

H.Y : Les troubles du développement sexuel, ce sont les affections autrement appelées ambiguïtés sexuelles ou intersexués. Ce sont des anomalies qui affectent en grande partie les organes génitaux externes et il est impossible de les classer dans le genre masculin ou féminin. Mes travaux consistent à étudier les chromosomes et les gènes de ces enfants pour déterminer leur sexe réel. Ils consistent également à faire des analyses moléculaires pour étudier l’origine de ces complications. 

Question : Est-ce la première fois que vous participez à un tel concours ?

H.Y : Ce n’est pas la première fois que je participe à un tel concours. J’ai déjà postulé dans plusieurs offres de bourses pour financer mes recherches. Mais c’est la première fois que je gagne un très grand concours de cette envergure.

Question : Quelle importance accordez-vous à cette victoire et quels sont vos rêves d’après ?

H.Y : Cette victoire est la bienvenue, elle va me permettre de terminer mon doctorat et surtout elle va m’ouvrir les portes à des opportunités de recherche post doctorale. Après mon doctorat, je compte m’investir dans la recherche aux Comores surtout dans le domaine de la génétique et dans le domaine médical.

Question : S’investir aux Comores dans le domaine de la recherche est votre rêve. Pensez-vous que le pays a les moyens pour accueillir de telles recherches ?

H.Y : Actuellement je ne pense pas qu’on a les outils pour ces travaux de recherche, mais je reste convaincue qu’on a les capacités nécessaires pour initier la génétique médicale dans notre pays. J’espère qu’on aura l’aide et l’accompagnement de notre gouvernement. 

Question : Vous avez effectué toute votre scolarité dans l’archipel. Comment est-ce que vous qualifiez cette distinction parmi les 300 candidats ?

H.Y : Ils sont nombreux, les compatriotes comoriens qui ont fait leurs études aux Comores et qui ont réussi à l’étranger. Les écoles et les Universités comoriens ont les compétences nécessaires pour former des excellents chercheurs. Il suffit d’un peu d’attention de notre gouvernement et  d’accompagnement pour se distinguer dans notre continent.

Question : Auriez-vous un message à transmettre à la jeunesse Comorienne.

H.Y : A la jeunesse comorienne, je leur dirais que les seules limites qui s’imposent à nous ce sont les limites que nous nous fixons nous-mêmes. Le pays a besoin de la jeunesse comorienne. Il a besoin de la femme comorienne pour avancer. Donc nous devons croire en notre pays, croire en nos compétences  et surtout croire en nos rêves et les réaliser. 

Propos recueillis par A.O Yazid

Qui est Hayifaou Younoussa ?

Née à Iconi Hayifaou Younoussa est âgée de 28 ans. Après son baccalauréat obtenu à l’école Ibn-Khaldoun de Vouvouni, elle a continué sa licence à l’Université des Comores et à fini avec un diplôme de Science de la Vie en 2015. Elle part au pays de la Teranga (Sénégal) pour poursuivre son parcours universitaire. Elle obtient alors son Master en génétique en 2018, et est actuellement en troisième année de thèse de PhD en génétique médicale, Spécialité : cytogénétique. 

 


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