Le collectif du personnel soignant contractuel du Centre Hospitalier National El-Maarouf a déclenché une grève illimitée à compter du lundi 9 mars. Réunis le week-end dernier pour d’un point de presse, ces agents ont exprimé leur ras-le-bol face à des salaires qu’ils jugent dérisoires et à des conditions de travail qu’ils qualifient de précaires.
Au cœur du litige figure l’écart salarial entre les fonctionnaires de l’hôpital, dont les rémunérations débutent autour de 100 000 francs comoriens, et les contractuels, qui perçoivent environ 57 500 francs. Une différence de traitement jugée inacceptable par le collectif, qui réclame un alignement immédiat des salaires. « Le Code du travail interdit toute disparité salariale. Il n’autorise pas qu’un salarié gagne deux fois moins qu’un collègue ayant le même profil, les mêmes fonctions et les mêmes responsabilités », a dénoncé Zainoudine, porte-parole des agents contractuels, lors de cette rencontre avec la presse. Au-delà de la question salariale, les grévistes dénoncent également le montant de la prime de garde, actuellement fixé à 3 000 francs comoriens. Ils demandent qu’elle soit portée à 5 000 francs, estimant que cette indemnité reste insuffisante pour couvrir les frais de transport et de subsistance, notamment pour les agents venant de localités éloignées.
L’annonce de cette grève fait suite à un protocole d’accord signé en 2023 avec l’ancien directeur général de l’hôpital, Nicolas Moussa M’madi. Selon les contractuels, cet accord, qui portait sur cinq points essentiels, n’a jamais été appliqué. Une situation qui ravive aujourd’hui les tensions, alors même qu’un autre accord avait été conclu fin 2024 entre la direction de l’hôpital et les agents contractuels afin de mettre un terme aux mouvements sociaux récurrents. Cet engagement prévoyait notamment l’alignement des salaires, la régularisation des primes de garde et l’amélioration des conditions de travail. Mais faute d’avancées concrètes, les contractuels disent avoir décidé de passer à une nouvelle étape dans leur mobilisation.
En soutien au mouvement, Ibrahim Omar, secrétaire de la Confédération des travailleurs et travailleuses des Comores, a justifié le recours à une grève sans préavis. Selon lui, « il n’était pas nécessaire de déposer un préavis dès lors qu’un protocole d’accord signé n’a jamais été appliqué ». Les professionnels de santé affirment par ailleurs être conscients des critiques formulées par les patients sur la qualité des soins. Pour eux, l’amélioration des conditions de travail constitue une condition essentielle pour garantir des services de santé de meilleure qualité à la population. La reprise du travail, préviennent-ils, dépendra de la satisfaction de plusieurs revendications, notamment l’augmentation des salaires, la possibilité de cotiser à une caisse de retraite, ainsi que l’amélioration globale des conditions de travail, incluant l’accès à l’eau, à l’électricité et à des équipements adaptés. Dans l’attente d’éventuelles négociations, la situation s’annonce tendue au sein du principal établissement hospitalier du pays dès le début de la semaine.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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