Face à la crise qui s’enlise au CHN El-Maarouf, le Président de l’Assemblée nationale, Moustadroine Abdou, a reçu, jeudi 2 avril le collectif des contractuels soignants. Alors que les précédentes tentatives de médiation du ministère de la santé ont échoué, cette initiative parlementaire apparaît comme l'ultime recours pour désamorcer un conflit social qui paralyse l'hôpital de référence et menace la qualité des soins des citoyens depuis plus d’un mois.
Lors de l’entretien avec le collectif des grévistes, le président de l'Assemblée, Moustadroine Abdou aurait affiché une écoute attentive. « L'échange s'est bien passé, le président a partagé les préoccupations légitimes du personnel, il a promis de leur offrir une réponse dans les plus brefs délais », a confié une source proche du dossier. Conscient de l’urgence sanitaire, il s'est engagé à rechercher activement une solution avec les autorités concernées pour débloquer la situation et permettre un retour immédiat de ces agents de santé au travail. Cette médiation intervient alors que le centre hospitalier national s’enfonce dans une crise profonde depuis le déclenchement du mouvement le 9 mars dernier. Malgré les tentatives de conciliation menées les 26 et 27 mars derniers par le ministre de la Santé, Ahamadi Sidi Nahouda, aucun terrain d’entente n’a été trouvé entre la direction et les grévistes. Face à l’échec des discussions, les contractuels se sont tournés vers la représentation nationale comme ultime recours.
Ce personnel soignant, pilier essentiel du système de santé publique du pays, réclame une revalorisation salariale alignée sur la grille des fonctionnaires, une augmentation substantielle de la prime de garde et la mise en place d’une bonne mutuelle de santé. Jusqu’ici, la direction de l’hôpital n’a consenti qu’une hausse de 8% des émoluments, une proposition balayée par les grévistes qui la jugent dérisoire au regard de l’inflation et de la pénibilité de leurs tâches. De son côté, la direction de l'établissement justifie sa prudence par une crainte de précarité financière à long terme. Revaloriser les contrats sans garanties budgétaires pérennes pourrait, selon les autorités, fragiliser l’équilibre déjà précaire de l’institution.
Si le peu de médecins et paramédicaux fonctionnaires restés en poste assurent comme ils peuvent le service minimum, la qualité des soins, elle, est inévitablement impactée. Au-delà de la bataille procédurale, c’est la survie des patients qui est en jeu. L’espoir réside désormais dans l'implication de l'Assemblée nationale pour transformer les promesses en actes concrets. Les contractuels se disent prêts à reprendre leurs postes dès qu'un signal fort sera envoyé en réponse à leurs revendications, afin que l'hôpital de référence puisse, enfin, soigner dignement la population comorienne.
Hamdi Abdillahi Rahilie
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC