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Grève du transport en commun / Une victoire en demi-teinte

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Grève du transport en commun / Une victoire en demi-teinte © : HZK-LGDC

La grève déclarée par le syndicat des transporteurs Usukani wamasiwa n'a pas totalement paralysé la capitale. Le mot d’ordre a été par contre scrupuleusement suivi par les conducteurs des minibus qui ont complètement déserté les principales gares de Moroni en provenance des différentes régions de l’île de Ngazidja.


Contrairement aux précédents mouvements d'humeur du syndicat des automobilistes du pays, celui déclenché en fin de la semaine dernière n'a pas eu assez d'impact dans la capitale. C'est du moins le constat fait au petit  matin d'une journée de grève qui n'était pas décidément comme les autres. Bien qu'à Moroni la journée peine à démarrer, la capitale retrouvera ses habitudes en fin de journée. Certes les taxis se font rares mais ils circulent tout de même. Et le gouvernement de décider de mettre la pression au maximum sur les rares voitures qui s'aventurent dans la capitale.

Postée aux quatre coins de Moroni, la gendarmerie procédera à des contrôles rigoureux de la vignette faute de quoi la voiture sera immobilisée le que l'on paye cette fameuse taxe à l'origine du mouvement de grogne des professionnels du volant. Conséquence, le service des impôts de l'île sera pris d'assaut et les agents du service vont être vite débordés par la situation obligeant l'envoi des gendarmes pour sécuriser les lieux et maintenir l'ordre.

Une fermeté dont Abdoulfatah Ali secrétaire général du commissariat aux finances de l'île avait fait preuve dans nos colonnes et qui serait la conjugaison de la convergence de vue entre les autorités centrales et l’exécutif insulaire chargées de collecter la vignette et la taxe diesel. « Le gouvernement et l’exécutif ne reculeront pas sur cette question », avait-il mis en garde.

Mais si Moroni n'a pas été complètement paralysée par la grève, les régions périphériques et l'arrière pays ont été par contre touchés. Le mot d'ordre a été scrupuleusement respecté par les chauffeurs des minibus. Il faut se rendre dans les trois principales gares de Moroni pour mesurer l’ampleur de la grève. Faute de transport en commun, c'est le système D pour les uns, la résignation pour les autres.

A la gare du nord ouest, les esprits s’échauffent et Maman Hadidja de la région de Hamahamet de s’en prendre aux chauffeurs et dit ne pas comprendre pourquoi les taxis-ville roulent pendant qu'ailleurs ce n'est pas le cas. « Est-ce que c'est une punition collective parce qu'on leur dit de payer les vignette. Vous fuirez jusqu'à quand », fait-elle observer très énervée comme si elle apostrophe quelqu'un en face d'elle.

« Le problème c’est que je suis infirme, j'ai avec moi mon fils qui est malade et que dois le ramener chez moi. Mais voilà pour avoir une place dans le rares voitures qui se présentent, il faut courir alors que je ne pourrai pas », dira Ibrahim Ali d'Ipvoini, rencontré à la gare du nord, l'air résigné. « La grève n'a pas été respectée à partir du moment où ce sont les chauffeurs eux-mêmes qui l'ont boycotté », dira Azali originaire de Vanamboini qui dit n'avoir pas eu des difficultés pour trouver un taxi pour se rendre à Moroni.

Le puissant syndicat Usukani wamassiwa qui a toujours réussi à plier presque tous les gouvernements est-il entrain de perdre un peu de son influence ? Wait and see.

 

Maoulida Mbaé

 

                                        


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