La Gazette

des Comores

Grève dans l’Enseignement secondaire / Les élèves menacent de descendre dans la rue

Grève dans l’Enseignement secondaire / Les élèves menacent de descendre dans la rue © : HZK-LGDC

A Ngazidja, le bras de fer qui oppose le collectif de la communauté éducative (lycées et collèges) et les pouvoirs publics se durcit. Le refus des enseignants du secondaire, 1er et 2nd degré, à remplir les bulletins scolaires des deux premiers trimestres est à l'origine de la fermeture générale des établissements scolaires de l'île. Dans un grand rassemblement, tenu au Lycée de Moroni hier, la menace de descendre dans la rue a été largement évoquée, si un dénouement ne se dégage pas dans un délai raisonnable.


Le lundi 4 juin, à l'appel de la coalition des coopératives scolaires, des délégations des collèges et des 7 Lycées de l'île ont envahi le Lycée de Moroni. « L'objectif est purement éducatif. Nous réclamons nos bulletins scolaires des deux premiers trimestres pour mettre fin à un bras de fer qui risque d'aboutir à une année blanche. Nous faisons appel à la conscience du chef de l’État pour dénouer cette triste crise. L'hypothèse d'une option radicale n'est pas exclue », avait déclaré Mohamed Ali, classe de 1ère au Lycée de Mitsamiouli.

 

Les professeurs réclament vainement le paiement du salaire du mois de mai 2017. La grande réunion de sensibilisation tenue à Moroni a regroupé plus 800 lycéens et collégiens. A l'unanimité, ils ont menacé d'envahir la rue, mais légitimement et pacifiquement, si les autorités politiques n'assouplissent pas leur position, jugée déstabilisatrice et saboteuse. Au sein de ce groupe, apparentement solide et solidaire, des voix discordantes, mais minoritaires, retentissent timidement : « Ne nous affolons pas. Gardons notre sang-froid. Les bulletins scolaires arrivent dûment remplis. Les autorités de l'Union ne nous ont pas lâchés. Un compromis profitable des deux cotés se profile », tente de rassurer Sefoudine, terminaliste.

 

Absence des bulletins, présence dans la rue

 

Le président du collectif des étudiants et élèves comoriens du secteur public, Nizart Mohamed, est ferme : « Sans bulletins, pas de 3e trimestre. Nous dénonçons les attitudes du gouvernement et des enseignants. Ils sont complices pour détruire notre avenir. On organisera des marches pacifiques ». Le professeur Gigi, responsable du laboratoire du Lycée de Moroni adopte une attitude flegmatique. Il suscite l'espoir : « Pour le moment, nous refusons de reprendre les cours parce que les autorités ont refusé de payer notre salaire du mois de mai 2017. Ce cas ne se pose pas à Mohéli. Les professeurs ont été régularisés. Seuls Ndzouani et Ngazidja sont marginalisés. Les primaires ont repris les cours parce qu'ils ont perçu le salaire. L'hypothèse d'une année blanche est à exclure. Les négociations vont sortir de  l'impasse. Les autorités s'efforcent de mobiliser la somme nécessaire. Je suis confiant ».

 

Bm Gondet

 

 

 

 


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