Au Lycée Said Mohamed Cheikh hier, des étals remplis de fruits et de légumes. Devant l'établissement, des élèves ont improvisé un petit marché. Un message fort adressé aux autorités, mais aussi aux parents, presque 3 semaines après que ces élèves aient décidé de suspendre les cours pour protester contre le non-remplissage de leurs bulletins par leurs enseignants.
Cela fait 20 jours que les élèves du public ont suspendu les cours dans les différents sites. Après le Lycée de Moroni, le collège de Mboueni et celui de la Coulée, le mouvement s’élargit jusqu’aux périphéries de la capitale notamment à Ntsoudjini. Le responsable de la coopérative estudiantine du Lycée de Moroni, Moutum Abdou Mohamed parle d'une situation « dramatique ». « Les contestations s’adressent à toutes les parties », précise-t-il.
Le jeune lycéen ne donne raison à aucune partie mais dit regretter le silence des parents. « Aucun parent n’apporte son soutien. Mais le plus regrettable, c’est quand on les voit courir à gauche à droite en prônant l’émergence, les assises et soutenant les différents régimes. Ils oublient que l’émergence c’est nous, c’est l’éducation! », s’indigne ce jeune. Pour dénoncer cette situation, les lycéens ont improvisé un marché hier au Lycée Said Mohamed Cheikh. « L’ouverture de ce marché est un moyen pour montrer au pays et au monde entier que l’élève comorien du secteur public ne jouit pas de ses droits (...). Autant de négligence ! Trop, c’est trop ! », lâche-t-il.
Pour ces élèves livrés aujourd'hui à eux-mêmes, la solution réside dans le remplissage des bulletins des deux premiers trimestres de l’année en cours par leurs professeurs. Il y’a quelques jours, le gouvernement avait promis une solution. Un membre de l’Intersyndicale sous l’anonymat nous a expliqué que les solutions apportées ne résolvaient pas les problèmes et cela malgré les efforts du gouvernement. Il nous affirme que le gouvernement a déboursé quelques millions pour le paiement du salaire de mai 2017, mais que ce n’était pas suffisant pour les enseignants des trois îles et trois cycles.
Conscients que le spectre d’une année blanche pèse sur eux, les élèves du public appellent les autorités à prendre en considération les revendications des enseignants. Alors que leurs camarades du privé entament les examens du troisième trimestre cette semaine, les élèves du public se retrouvent dans l'impasse. « Ça ne sert à rien de passer des compositions, sans résultats. C'est ce qu'on a fait durant les 2 premiers trimestres, nous voici aujourd'hui dans l’impasse. Si d’ici samedi les bulletins ne sont pas remplis, cela signifiera que l’année est terminée mais si la situation s'améliore, on viendra passer nos examens du troisième trimestre. Nous sommes prêts à déclencher une année blanche si nos bulletins ne sont pas remplis d’ici samedi », a conclu le responsable de la coopérative scolaire.
A.O Yazid
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